Révélé : le plan de Berlin pour un SEAE « mis à l'écart »

Lisez l'intégralité de la proposition allemande pour le SEAE et Kaja Kallas

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Kaja Kallas, Johann Wadephul et Jean-Noël Barrot [Photo : Soeren Stache/picture alliance via Getty Images]

Le service diplomatique de l’UE a été « mis à l’écart », son pouvoir a « décliné » et les « frictions » actuelles avec la Commission européenne doivent cesser.

Tel est le diagnostic sans concession formulé par Berlin, qui cherche à réformer en profondeur la manière dont l’UE mène sa politique étrangère – sans pour autant modifier les traités de l’Union.

Le projet allemand a déclenché une lutte existentielle autour de l’avenir du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), lancé en 2011 et désormais largement tenu pour responsable des piètres performances de l’Union sur la scène internationale.

Kaja Kallas, la responsable de la politique étrangère de l’UE, mène une bataille d’arrière-garde contre cette proposition, qui pourrait de facto dissoudre le service diplomatique qu’elle dirige.

Le projet prévoit de renforcer les pouvoirs de Kaja Kallas au sein de la Commission en étendant ses attributions à des domaines tels que la politique de développement et la politique de voisinage. Mais elle a fait valoir que ces changements auraient au contraire pour effet de la subordonner à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, dans un contexte de guerre de territoire à Bruxelles pour le contrôle de la politique étrangère.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a déclaré que le débat devrait porter sur la nécessité de veiller à ce que l’Europe puisse « écrire sa propre histoire » et de renforcer le rôle de Kallas. Mais Paris a pris ses distances par rapport à la proposition allemande et n’a pas appuyé le document en tant qu’initiative conjointe.

L’Allemagne n’a pas consulté tous les États membres de l’UE avant la réunion des ministres des Affaires étrangères à Wicklow, en Irlande, mardi dernier, où ses idées ont été discutées pour la première fois.

Dans la salle, la proposition n’a reçu qu’un soutien mitigé, selon des diplomates.

Kallas cherche désormais à prendre en main l’avenir de sa propre institution, après avoir dépêché Kasja Ollongren, sa nouvelle secrétaire générale, pour recueillir des idées dans les capitales européennes.

De son côté, Johann Wadephul, le ministre allemand des Affaires étrangères, cherche à s’approprier le processus, après avoir annoncé la tenue d’une conférence à Berlin le 2 décembre. Parallèlement, il milite pour la suppression de l’obligation pour l’UE de prendre ses décisions en matière de politique étrangère à l’unanimité.

Il a déclaré aux journalistes la semaine dernière qu’il souhaite mener à bien le processus de réforme dans les six prochains mois.

Euractiv publie le document dans son intégralité.

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(bw)

Correction : cet article a été corrigé afin de préciser que la proposition est allemande, et non franco-allemande, la France s’étant distanciée de ce projet.