Robert Fico accuse Paris de pressions sur la justice slovaque
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a accusé plusieurs ambassadeurs étrangers — dont celui de France — d’avoir tenté d’influencer la Cour constitutionnelle dans une affaire hautement politique. Des allégations catégoriquement rejetées par l’ambassade de France et la juridiction concernée.
Dans un message publié mercredi 30 juillet sur Facebook, le parti de Robert Fico, SMER-SD, a publié une photo des ambassadeurs du Royaume-Uni, de France, des Pays-Bas et du Luxembourg en réunion avec le président de la Cour constitutionnelle, Ivan Fiačan, qualifiant ces rencontres de « suspectes » alors que la Cour examine une loi controversée sur la transparence des ONG.
La veille, le Premier ministre avait affirmé que les diplomates faisaient pression sur la Cour pour qu’elle déclare la loi inconstitutionnelle.
L’ambassade de France a nié cette accusation, précisant que la réunion en question avait eu lieu en mars, avant l’adoption de la loi et même qu’elle ait été rendue publique à l’époque.
« L’ambassade ne s’ingère pas dans les affaires intérieures de la République slovaque et n’a donc pas tenté d’influencer le président de la Cour sur une loi qui n’avait pas encore été adoptée au moment de la réunion », a fait savoir l’ambassade mercredi.
Elle rappelle également que les échanges entre ambassadeurs et juges constitutionnels sont « une pratique diplomatique courante », visant à renforcer la coopération institutionnelle, notamment entre la Cour constitutionnelle slovaque et le Conseil constitutionnel français.
La juridiction elle-même a tenu à démentir toute tentative d’influence, dénonçant des « déclarations fausses et sans fondement » qui « constituent une atteinte grave et inacceptable à l’impartialité et à l’indépendance de la justice, sont contraires aux principes de l’État de droit et portent atteinte de manière injustifiée à l’ordre constitutionnel de la République slovaque. »
Robert Fico a également accusé le Royaume-Uni d’ingérence dans les élections slovaques, une allégation fermement démentie par Londres.
Le parti d’opposition Slovaquie progressiste a suggéré que Robert Fico tentait de détourner l’attention des projets impopulaires du gouvernement, tels que l’augmentation de la TVA à 25 %, que le ministère des Finances a jusqu’à présent démentie.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]