Roxana Mînzatu défend les droits des travailleurs européens et le développement des compétences professionnelles
La commissaire désignée roumaine Roxana Mînzatu a été auditionnée au Parlement européen mardi 12 novembre, répondant à plusieurs questions sur les droits des travailleurs, mais aussi sur sa maison familiale à Brașov, en Transylvanie.
La commissaire désignée roumaine Roxana Mînzatu a été auditionnée durant trois heures au Parlement européen mardi 12 novembre, répondant à plusieurs questions sur les droits des travailleurs — mais aussi à certaines concernant sa maison familiale à Brașov, en Transylvanie.
La candidate sociale-démocrate roumaine espère obtenir le soutien du Parlement européen pour devenir vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des Ressources humaines, des Compétences et de la Préparation à l’emploi.
Roxana Mînzatu a présenté son projet visant à promouvoir des « emplois de qualité » offrant un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que des conditions équitables. Elle a également appelé à l’utilisation de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle pour accompagner le développement des compétences, y compris linguistiques.
Avant même qu’elle ne prenne la parole, les présidents des commissions parlementaires de l’Emploi (EMPL) et de la Culture (CULT) ont exprimé leur déception quant au titre de poste que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait choisi pour la commissaire désignée. Selon eux, l’éducation et l’emploi devraient davantage refléter ses responsabilités.
La Roumaine a estimé qu’elle n’était pas opposée à ce que l’intitulé de son poste soit modifié. « Pour moi, il s’agit du cœur du travail — et le cœur du travail est le socle européen des droits sociaux », a-t-elle affirmé aux eurodéputés.
Elle est la deuxième commissaire désignée dont le titre de poste comporte le mot « préparation » à répondre aux questions des eurodéputés, après l’audition de Hadja Lahbib la semaine dernière pour le poste de « commissaire à la Préparation, à la Gestion des crises et à l’Égalité ».
Roxana Mînzatu a commencé son discours devant les eurodéputés en rappelant la répression du soulèvement anticommuniste de 1987 dans sa ville natale de Brașov en Transylvanie, et le renversement du communisme lors de la révolution roumaine deux ans plus tard.
« Je me souviens encore de l’excitation, du sentiment de possibilité », a-t-elle déclaré.
Des débuts modestes
L’audition s’est déroulée sans heurts : les quelques questions personnelles adressées à Roxana Mînzatu ont été posées par l’eurodéputée allemande Sabine Verheyen et le Danois Henrik Dahl, tous deux issus du Parti populaire européen (PPE). Ils l’ont interrogée sur une propriété qu’elle avait achetée à Brașov peu avant de prendre ses fonctions de sous-préfète du comté de Brașov.
« Vous avez acheté une maison qui est un monument historique dans le centre de Brașov », a déclaré Sabine Verheyen, citant des rapports des médias. « Vous avez agrandi la maison, doublant sa taille sans aucune des autorisations légales requises ».
Roxana Mînzatu a répliqué : « J’ai acheté une maison de 60 mètres carrés dans laquelle je suis née et dans laquelle ma famille vivait en tant que locataire depuis 1974 ». Elle a nié qu’il s’agissait d’un monument historique, expliquant que « c’est dans le centre historique de Brașov, mais ce n’est pas un monument historique ».
Elle a affirmé avoir dormi dans la même chambre que sa mère jusqu’à l’âge de 17 ans, tandis que son père occupait la cuisine. « Nous avions un toit qui fuyait. Nous n’avions pas d’eau chaude », a-t-elle confié.
Roxana Mînzatu a rappelé qu’elle avait soumis tous les documents nécessaires à l’agrandissement de la maison, mais elle a admis que ces procédures n’avaient été achevées qu’après les travaux. « Nous sommes entrés en toute légalité. Nous avons payé des impôts », a-t-elle affirmé.
Henril Dahl est également revenu sur les votes de la commissaire désignée en tant que membre du parlement roumain. Pendant son mandat, le parlement a adopté des lois « largement considérées comme portant atteinte à l’État de droit et à l’indépendance du système judiciaire roumain, ce qui a suscité de vives critiques de la part des institutions européennes », a-t-il mentionné.
« Il est clair qu’au sein d’un groupe politique, on peut avoir des opinions différentes. […] Je n’étais pas en mesure de déterminer l’orientation de l’ensemble du parti », a répondu Roxana Mînzatu.
Apprendre l’anglais avec la télévision
Lors de son audition, Roxana Mînzatu a déclaré que l’Union européenne (UE) avait pris du retard dans son ambition de promouvoir l’apprentissage des langues. « Nous devons travailler avec notre jeune génération et nos étudiants », et utiliser les nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle, pour rendre les langues étrangères plus attrayantes. Elle a confié qu’elle avait appris l’anglais grâce à des programmes télévisés.
Elle a également souligné le lien entre la santé mentale des jeunes et leurs conditions de travail, en particulier pour les travailleurs des plateformes. Dans le cadre d’une initiative visant à favoriser des « emplois de qualité », la commissaire désignée s’est engagée à examiner les risques psychosociaux liés au travail.
En outre, elle a promis que la nouvelle Commission mettrait rapidement à jour les règlements sur les substances dangereuses sur le lieu de travail.
L’eurodéputée danoise Marianne Vind (Socialistes et Démocrates européens/S&D) a demandé à la commissaire désignée si elle proposerait une nouvelle législation pour limiter le recours à la sous-traitance sur le marché du travail. Selon la Danoise, la sous-traitance est souvent utilisée pour éluder les paiements de sécurité sociale et exploiter les travailleurs.
Roxana Mînzatu a répondu qu’elle examinerait si la législation actuelle est efficace pour prévenir les abus en matière de détachement de travailleurs en dehors de l’UE, ainsi que le travail en sous-traitance, mais qu’elle ne promettrait pas de nouvelle proposition législative.