RTE confirme le retard de maintenance du parc nucléaire, avec un risque faible de coupures d'électricité

RTE réactualisait vendredi ses perspectives sur le réseau électrique pour la saison automne hiver. Le risque de tensions sur le réseau est « peu probable » pour les prochaines semaines, mais reste prégnant pour janvier en raison de l'aggravation de la faible disponibilité nucléaire.

Euractiv France
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Pour passer l’hiver sereinement, les Français sont suspendus depuis quelques mois à la disponibilité de leur parc électrique, et en particulier nucléaire, qui connaît des retards de maintenance et des problèmes de corrosions. [Christian Schwier / Shutterstock]

Le gestionnaire de réseau RTE réactualisait vendredi (18 novembre) ses perspectives sur le réseau électrique pour la saison automne hiver. Le risque de tensions sur le réseau électrique est « peu probable » pour les prochaines semaines, mais reste prégnant pour janvier en raison de l’aggravation de la faible disponibilité nucléaire.

Les Français sont suspendus depuis quelques mois à la disponibilité de leur parc électrique, et en particulier nucléaire qui connaît des retards de maintenance et des problèmes de corrosions.

En septembre, le gestionnaire de réseau électrique RTE prévoyait toutefois un risque faible de coupures d’électricité cet hiver, avec une concentration des risques sur le mois critique de janvier.

En octobre, le risque faible s’est transformé en « très faible risque » pour la fin du mois et en risque « modéré » pour début novembre, avec une situation qui pourrait se dégrader pour la suite en raison des mouvements sociaux de fin septembre – début octobre ayant ralenti les maintenances des réacteurs nucléaires.

Dans ses perspectives réactualisées vendredi (18 novembre), RTE anticipe finalement une situation « peu risquée » pour fin novembre et « moyennement risquée » pour la première moitié de décembre.

Températures clémentes et baisse de la consommation

Les températures clémentes qui traversent l’ouest du Vieux-continent, combinées à une baisse de la consommation compensent en effet la baisse de disponibilité du parc nucléaire.

Pour fin octobre, RTE enregistre une baisse de consommation de 5 à 7% — 47 gigawatts (GW) de capacité — par rapport aux moyennes de consommation de la même période de 2014 à 2019 — 52 à 54 GW — avec une accélération de nature structurelle de l’effet par rapport au mois de septembre.

En cause, l’industrie, en particulier de la chimie, qui enregistre une baisse de consommation d’électricité de 11 à 13%, motivée par les prix élevés.

RTE appelle néanmoins à considérer avec « prudence » cette baisse de la consommation compte tenu des « fortes anomalies » de température, en moyenne supérieure de 3,5 °C par rapport aux moyennes de saison de 2014 à 2019.

Entre le « bouclier tarifaire » et le retard d’allumage du chauffage, cette situation rend ainsi difficile l’analyse de la consommation résidentielle et tertiaire, et donc, notamment, l’effet des politiques d’incitation à la sobriété.

Moindre disponibilité du nucléaire

Cette baisse de la consommation compense au moins la disponibilité du nucléaire « légèrement inférieure à la prévision centrale de début septembre ».

Actuellement, la disponibilité du parc est de 31 GW, « soit plus de 10 GW en dessous des minima historiques à cette période de l’année » note RTE. En cause : les mouvements sociaux du mois dernier ayant retardé le calendrier de maintenance, combiné à des aléas techniques. Rien à voir, en revanche, avec les examens et réparations des corrosions sous contrainte, « qui se déroulent correctement » assure RTE.

Néanmoins, la disponibilité n’est que « légèrement inférieure » à la prévision centrale de début septembre et reste dans les « trajectoires envisagées en septembre ».

Début janvier, elle devrait être de 40 GW au lieu de 43 à 45 GW prévus, en retard de deux semaines par rapport aux perspectives de septembre.

Hydroélectricité et gaz

Côté hydroélectricité, le remplissage des stocks est « satisfaisant » à un niveau « dans les moyennes des années précédentes », avec toutefois des disparités en fonction des régions.

Pour le gaz, les stocks sont à un niveau « extrêmement élevé », à plus de 95% dans l’Union européenne et 99% en France. Les températures clémentes en première moitié de saison font que les soutirages n’ont pas commencé, renforçant les capacités disponibles pour la seconde moitié.

Enfin, la remise en service de la centrale à charbon de Saint-Avold va rendre disponible 1,8 GW supplémentaires ; la mise en service partielle de l’interconnexion électrique entre l’Italie et la France (Savoie-Piémont) 600 MW de plus.

Peu de tensions d’ici mi-décembre

En conséquence, le recours au dispositif Ecowatt, mis en place par RTE pour alerter les consommateurs de la situation du réseau et des mesures de sobriété à prendre en cas de tensions, apparait « peu probable » pour la fin du mois de novembre. Le risque devient « moyen » pour début décembre, dépendant de la situation météorologique des retards sur la maintenance des réacteurs.

« Ces différents éléments conduisent à maintenir inchangée l’analyse quantitative du risque, avec désormais une attention particulière portée sur le mois de janvier », conclut RTE.