Rumeurs sur des coupes dans le budget de la PAC
Pour financer d’autres politiques européennes comme la recherche ou l’énergie, le budget alloué au développement rural dans l’agriculture pourrait diminuer.
Pour financer d’autres politiques européennes comme la recherche ou l’énergie, le budget alloué au développement rural dans l’agriculture pourrait diminuer.
Le 29 juin prochain, la Commission européenne doit rendre ses premières propositions concernant le cadre financier pluriannuel 2014-2020. Et les rumeurs vont bon train.
Lettre commune
L’une des dernières en date est le possible affaiblissement du « second pilier » de la politique agricole commune (PAC). Doté de 96 milliards d’euros pour la période 2007-2013, il a pour mission de renforcer les liens entre l’agriculture et l’environnement, améliorer la qualité de vie et encourager la diversification de l’économie locale.
Malgré ces objectifs ambitieux, son enveloppe pourrait cependant être diminuée, selon le peu de fuites existantes sur le projet budgétaire de l’exécutif européen. A tel point que quatorze présidents d’ONG françaises ont signé une lettre commune pour demander que « le cadre financier pluriannuel 2014-2020 (…) renforce effectivement le financement de la politique de développement rural ».
Parmi les signataires, figurent « les amis de la Terre », « Agir pour l’environnement », « Chrétiens en Monde Rural » ou la « Fédération des agriculteurs biologiques des régions de France ».
Pour les auteurs, « le 1er pilier (sur les subventions de la PAC, ndlr) ne saurait se substituer aux programmes du 2e » et « la politique de développement rural doit être une priorité générale de l’Union européenne ». Mais en ces temps d’austérité, la Commission est confrontée à un dilemme.
Les convoitises
Pour le moment, les responsables européens sont très prudents, car ils savent le sujet sensible.
Le 23 juin, devant le Parlement européen, le commissaire à l’Agriculture Dacian Ciolos a déclaré qu’il accordait « une grande importance au deuxième pilier ». Selon lui, il ne sera pas sacrifié dans le cadre des prochaines perspectives budgétaires.
Une source proche du dossier, interrogée par EURACTIV.fr, affirme qu’ « il n’est pas question de remettre en cause le 2e pilier » mais que « le budget de la PAC est l’objet de toutes les convoitises ».
A elle seule, l’agriculture mobilise 40% des fonds européens. Or, au sein du collège des commissaires, certains aimeraient pouvoir piocher dans le budget pour financer des politiques comme la recherche ou l’énergie.
Les fonds du 2e pilier de la PAC viennent du cofinancement. L’idée qui circule consisterait à diminuer la part demandée aux États. Une manière de satisfaire leur demande d’économies.
Mais « rien n’est encore décidé et aucun chiffre ne peut être avancé pour le moment », nous a-t-on indiqué. Et il est probable que le projet présenté le 29 juin ne permette pas d’éclaircir cette rumeur dans le détail. Ies textes sur la réforme de la PAC, attendus pour le début de l’automne, apporteront peut-être des réponses.