S. Dimas : Les entreprises européennes devraient profiter des mesures sur le climat [FR]

Si l'UE décide de mettre en place une politique ambitieuse de lutte contre le réchauffement climatique, les entreprises européennes seront plus à même de tirer tous les avantages d'une économie à faible émission de carbone que leurs concurrentes américaines et chinoises : c'est ce que Stavros Dimas a déclaré à EURACTIV à l'occasion d'un entretien. 

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Si l’UE décide de mettre en place une politique ambitieuse de lutte contre le réchauffement climatique, les entreprises européennes seront plus à même de tirer tous les avantages d’une économie à faible émission de carbone que leurs concurrentes américaines et chinoises : c’est ce que Stavros Dimas a déclaré à EURACTIV à l’occasion d’un entretien. 

S. Dimas a rejeté les critiques selon lesquelles l’Europe faisait ‘cavalier seul’ dans la lutte contre le changement climatique et freinait son développement économique face à la concurrence des Etats-Unis et de la Chine, dont les niveaux d’émissions de CO2 ne sont absolument pas limités. 

« Nous savons que les entreprises européennes à avoir réagi à la question avant les législateurs ont un avantage comparatif, » a-t-il déclaré. « Elles en profiteront et elles le savent. »

« Le grand public est de plus en plus conscient des problèmes environnementaux et les consommateurs adopteront un comportement qui récompensera les produits et les entreprises à caractère durable, » estime-t-il, ajoutant : « si les Etats-Unis et la Chine refusent de se joindre aux efforts de lutte contre le réchauffement climatique, l’UE sera alors plus préparée à un avenir où les émissions de carbone seront faibles, ce qui donnera un avantage comparatif aux entreprises européennes. »

S. Dimas reconnaît que le système européen d’échange de quotas d’émissions de CO2 n’est pas pour l’instant parvenu à accroître les investissements dans les énergies propres comme le souhaitait au départ la Commission.

« En premier lieu, les prix élevés du pétrole et du gaz jouent un grand rôle et sont essentiels pour les décisions d’investir dans le secteur énergétique, » rappelle S. Dimas. 

Mais il assume également sa part de responsabilité : « Comme vous le savez, au cours de la première période d’échange [2005-07], nous avons eu une surallocation des quotas d’émissions de CO2, ce qui n’a pas encouragé les investissements, notamment ceux à long terme. »

De plus, à la suite de la mauvaise expérience en Allemagne et dans d’autres Etats membres, il s’est montré déterminé à ne pas laisser la même situation se reproduire au cours de la seconde période d’échange (2008-12) pour maintenir la crédibilité du système. 

Le 9 février, l’Allemagne a renoncé à faire appel d’une décision de la Commission prise en novembre 2006 en vue de renforcer son plan national d’allocation pour les quotas d’émissions de CO2 (EURACTIV 30/11/06). Le ministre allemand de l’environnement, Sigmar Gabriel, a indiqué qu’il accepterait la décision de la Commission d’abaisser ses quotas à 453 millions de tonnes de CO2 pour la période 2008-12, au lieu des 482 millions qu’il souhaitait obtenir au départ. 

« La plupart des plans proposés dépassent ce que nous attendions et nous devons donc faire les ajustements nécessaires, » a expliqué S. Dimas. « J’espère qu’au cours de la seconde période, les allocations seront suffisamment rares pour inciter les entreprises à investir » dans des technologies à faible émission de carbone. 

Répondant aux critiques selon lesquelles le système ETS laisse trop peu de temps pour investir dans les énergies propres, S. Dimas a rappelé que ce système était conçu pour coïncider avec la seconde phase du protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012.

Il a ajouté que les discussions actuelles sur la troisième période d’échange (après 2012) portaient notamment sur le fait de rallonger ou non la période de cinq ans prévue aujourd’hui par le système : « Nous verrons ». 

D’autres points semblent toutefois progresser : « Il semble qu’un accord soit en vue pour augmenter le nombre d’allocations mises aux enchères après 2012. »

« Actuellement, le plafond pour la vente aux enchères est fixé à 10% du nombre total d’allocations. Nous envisageons désormais de prévoir l’inverse : un plafond minimal d’allocations mises aux enchères. »

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici