Accord avec les indépendantistes catalans : l’heure de vérité approche pour Pedro Sánchez
Alors que le roi d'Espagne Felipe VI a entamé sa deuxième série de contacts avec les principaux partis politiques du pays lundi (2 octobre), le « moment de vérité » approche pour le Premier ministre par intérim et candidat socialiste Pedro Sánchez.
Alors que le roi d’Espagne Felipe VI a entamé sa deuxième série de consultations avec les principaux partis politiques du pays lundi (2 octobre), le « moment de vérité » approche pour le Premier ministre par intérim, le socialiste Pedro Sánchez, candidat à sa propre succession. Il doit bientôt préciser jusqu’où il est prêt à aller pour se maintenir au gouvernement.
Après l’échec du chef de l’opposition de centre droit Alberto Núñez Feijóo, président du Partido Popular (PP/PPE), de former un gouvernement, le roi est tenu par la Constitution espagnole d’organiser une nouvelle série de consultations avec tous les partis politiques représentés au Parlement.
M. Sánchez (PSOE/S&D) a déjà fait part au chef de l’État espagnol de sa volonté de se présenter à un vote d’investiture et a même exprimé publiquement sa confiance dans la formation d’un nouveau gouvernement progressiste composé du PSOE et de la plateforme de gauche Sumar, dirigée par la ministre du travail par intérim, Yolanda Díaz.
Cependant, la liste des demandes soumises par les deux principaux partis séparatistes catalans constitue un obstacle majeur à l’obtention d’un consensus. Les deux partis sont d’ailleurs idéologiquement aux antipodes, l’un de centre droit Junts Per Catalunya (JxCat, Ensemble pour la Catalogne) et l’autre de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne).
Lors des élections générales anticipées du 23 juillet, la Catalogne a été dominée par la branche locale du PSOE, le PSC, dirigé par Salvador Illa, qui était ministre espagnol de la Santé pendant la pandémie.
Place aux explications
Les liens qui existaient entre JxCat et ERC (qui comptent tous deux sept députés) ont aggravé leur rivalité, rendant plus difficiles les négociations en cours avec le PSOE et Sumar.
Cependant, l’ERC, qui contrôle le gouvernement régional de Catalogne, craint que le JxCat ne le dépasse, ce qui pourrait conduire à de nouvelles élections dans la florissante région espagnole, possiblement dès 2024, selon les médias espagnols.
Alors que l’on avance dans le mois d’octobre, un mois crucial pour déterminer si M. Sánchez atteindra son objectif, de nombreux doutes sont apparus parmi les électeurs, les analystes et les médias au sujet de ce que l’ancien Premier ministre peut offrir en échange d’un nouveau mandat au palais de la Moncloa — siège de l’exécutif espagnol.
« L’heure est à la pédagogie, indissociable de la négociation avec les partis indépendantistes pour une […] investiture de Pedro Sánchez. La pression sur le Premier ministre en exercice et les ministres socialistes pour qu’ils détaillent l’agenda et le contenu des négociations avec ERC et JxCat sera intense et soutenue dès cette semaine », peut-on lire dans une tribune publiée lundi dans El País.
Une « agression » contre le peuple espagnol
Bien que le gouvernement insiste sur le fait qu’il ne peut négocier que dans le respect de la Constitution, qui ne permettrait pas la tenue d’un référendum d’autodétermination pour la Catalogne, des doutes subsistent quant à la volonté de M. Sánchez d’autoriser une loi d’amnistie — ou une formule juridique similaire — pour les personnes impliquées dans la tentative de séparation d’octobre 2017.
Toutefois, M. Feijóo et Santiago Abascal, chef de file de la troisième force parlementaire (le parti d’extrême droite Vox) ont déjà averti que leurs militants organiseraient des manifestations de rue massives et récurrentes si le gouvernement optait pour une loi d’amnistie. Le PP s’est engagé à déposer une plainte auprès de la Cour suprême d’Espagne.
M. Abascal quant à lui, s’est montré plus sévère.
« Il s’agit d’une agression contre laquelle le peuple espagnol a le devoir et le droit de se défendre, et il le fera. Alors, ne venez pas [M. Sánchez et Mme Díaz] pleurnicher chez nous », a déclaré M. Abascal, un ami proche de Viktor Orbán et de Giorgia Meloni.