Secoué par un scandale, le gouvernement tchèque survit à un vote de défiance
La coalition du Premier ministre tchèque Petr Fiala a survécu à un vote de défiance, malgré un scandale sur des dons en bitcoin provenant d’un individu condamné — une affaire qui a contraint le ministre de la Justice à démissionner.
La coalition du Premier ministre tchèque Petr Fiala (Conservateurs et Réformistes européens, Parti populaire européen) a survécu à un vote de défiance, malgré un scandale sur des dons en bitcoin provenant d’un individu condamné — une affaire qui a contraint le ministre de la Justice à démissionner.
La motion, déposée par les partis d’opposition ANO (Patriotes pour l’Europe) et SPD (Europe des nations souveraines) et soutenue par les Pirates (Verts/EFA), n’a pas réuni les 101 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement.
Le scandale remonte à fin mai, lorsque le ministère de la Justice avait annoncé la vente aux enchères d’environ 468 bitcoins, convertis en couronnes tchèques. Une enquête du média Denik N a révélé que ces cryptomonnaies provenaient de dons effectués par Tomáš Jiřikovský, emprisonné entre 2017 et 2021 pour avoir dirigé un marché illégal de drogues en ligne et volé des bitcoins.
Si les tribunaux n’ont pas pu établir de manière formelle l’origine criminelle des fonds, les soupçons de blanchiment d’argent ont suffi à déclencher une polémique politique et plusieurs enquêtes.
Dans la foulée, le ministre de la Justice, Pavel Blažek, figure de proue du parti ODS (Conservateurs et Réformistes européens) de Petr Fiala, a décidé de démissionner afin de limiter les dégâts politiques pour son parti, alors que la campagne en vue des élections d’octobre vient de débuter. Il soutient toutefois qu’il a agi dans le respect de la loi.
Au final, seuls 94 députés ont soutenu la motion de censure, tandis que 98 ont voté pour le maintien du gouvernement. Tous les partis de la coalition, l’ODS, STAN, les démocrates-chrétiens (KDU-ČSL) et TOP 09, sont restés largement soudés, avec seulement quelques absences et abstentions.
Pour l’opposition, cette affaire représente une opportunité de fragiliser l’exécutif auprès de l’électorat.
De son côté, Petr Fiala a assuré que son gouvernement avait pris l’affaire très au sérieux et réagi rapidement pour en contenir les répercussions politiques. Eva Decroix (ODS), nommée pour remplacer Pavel Blažek au poste de ministre de la Justice, s’est engagée à mener une enquête approfondie sur cette affaire et à lancer un audit indépendant.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]