Sommet européen : les thèmes à l’ordre du jour

Les dirigeants de l’UE se retrouvent ce jeudi 26 juin à Bruxelles pour un Conseil européen dominé par les dossiers du Moyen-Orient, de la guerre en Ukraine et des migrations. Les discussions devraient mener à peu de résultats concrets.

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Les dirigeants de l’UE se retrouvent ce jeudi 26 juin à Bruxelles pour un Conseil européen dominé par les dossiers du Moyen-Orient, de la guerre en Ukraine et des migrations. Les discussions devraient mener à peu de résultats concrets.

À peine rentrés du sommet de l’OTAN à La Haye où ils ont convenu d’un nouvel objectif ambitieux en matière de dépenses de défense, la plupart des chefs d’État et de gouvernement européens ont directement rejoint Bruxelles mercredi soir pour une réunion du Conseil européen qui promet d’être dense.

Le président du Conseil européen, António Costa, espère que les discussions pourront être conclues en une seule journée, plutôt que de se prolonger jusqu’à vendredi matin.

C’est également le premier sommet européen du nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz (CDU, Parti populaire européen). S’il incarne un style moins discret que son prédécesseur Olaf Scholz (SPD, Socialistes et Démocrates européens), ses priorités restent fidèles à la ligne allemande : soutien à l’Ukraine, opposition aux sanctions contre Israël, promotion de nouveaux accords commerciaux et volonté de dérèglementer à Bruxelles.

Moyen-Orient

La situation au Moyen-Orient devrait occuper une grande partie des discussions de jeudi. Les dirigeants de l’UE devraient souligner que « l’Iran ne doit jamais être autorisé à acquérir l’arme nucléaire », si l’on en croit le projet de conclusions du sommet, consulté par Euractiv.

En réalité, l’Union européenne n’a que peu de poids dans ce dossier, et elle est reléguée au second plan, dépendante de la diplomatie américaine dans la région.

Sur la guerre d’Israël à Gaza, l’UE devrait se contenter de « prendre note » de l’examen en cours sur le respect des droits humains par Israël dans le cadre de l’accord d’association UE-Israël. Aucune décision concrète ne devrait être prise, le sujet restant trop clivant entre les États membres. Il sera probablement renvoyé aux ministres du Conseil de l’UE, lors de leur réunion en juillet.

Migration

Côté migrations, aucun progrès majeur n’est attendu. Le projet de conclusions reste très général, se limitant à prendre acte des dernières propositions de la Commission européenne.

Il s’agit d’« un point habituel à l’ordre du jour », comme l’a déclaré un diplomate européen.

Comme lors des derniers  sommets, un petit-déjeuner informel sur la migration se tenait en marge de la réunion, avec cette fois-ci la participation remarquée du chancelier allemand.

Ce groupe, emmené par l’Italie, les Pays-Bas et le Danemark, pousse pour des « solutions innovantes » et une accélération du traitement des dossiers législatifs en matière de migration. Lors du dernier sommet, quatorze dirigeants de l’UE s’étaient joints aux discussions, dont l’Autriche, la Finlande et la Hongrie.

Au menu des discussions : un examen du nouveau paquet migratoire de la Commission, une discussion sur les centres de retour régionaux et la prolongation de la protection temporaire accordée aux Ukrainiens, un sujet sur lequel un accord politique a été conclu au début du mois.

« Nous devrions également commencer à discuter avec les pays partageant les mêmes idées de ce que nous pouvons déjà faire pour encourager le retour volontaire des Ukrainiens », a indiqué un diplomate européen, soulignant que plusieurs capitales, ainsi que la Commission, réfléchissaient à la manière de jeter les bases de systèmes de retour.

Sanctions contre Moscou

La discussion sur le 18e paquet de sanctions contre la Russie s’annonce tendue.  Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et son homologue slovaque Robert Fico devraient conditionner leur soutien au 18e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie à une remise en question de la mesure visant à abandonner progressivement les importations de combustibles fossiles russes d’ici 2027.

La Hongrie et la Slovaquie sont les deux États membres de l’UE les plus pro-russes, qui restent fortement dépendants du pétrole et du gaz russes. Les diplomates estiment toutefois que les objections des deux pays peuvent être résolues et que la question sera probablement réglée par les ambassadeurs de l’UE dans les jours suivant le sommet. Certains ont laissé entendre que le paquet pourrait être approuvé dès vendredi 27 juin.

Les dirigeants discuteront également de la question de savoir si le 18e paquet doit maintenir la proposition de la Commission visant à abaisser le plafond de prix du pétrole russe 60 à 45 dollars le baril. Certains États membres estiment que ce seuil plus bas n’est plus nécessaire après la flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre entre Israël et l’Iran.

Tensions commerciales

Au cours d’un dîner, les dirigeants tiendront également une discussion « stratégique » sur la « géoéconomie », où les tensions commerciales avec les États-Unis et les relations avec la Chine seront les principaux thèmes abordés.

Le sommet européen intervient moins de deux semaines avant l’entrée en vigueur, le 9 juillet, d’un droit de douane américain de 50 % sur les exportations de l’UE et un mois avant le sommet très attendu entre l’UE et la Chine à Pékin.

Défense

La défense devrait passer au second plan, certains dirigeants européens revenant du sommet crucial de l’OTAN à La Haye, où les alliés ont fixé un nouvel objectif ambitieux de 5 % des dépenses de défense (3,5 % de dépenses purement militaires et 1,5 % pour la sécurité au sens large comme les infrastructures).

L’objectif de l’Alliance sera évoqué dans l’après-midi, lorsque les dirigeants de l’UE feront le point et réitéreront leurs promesses de renforcer l’industrie européenne de la défense et de conclure de nouveaux accords avec des partenaires proches.

Toutefois, tout examen des progrès réalisés dans le domaine militaire sera reporté à octobre, lors du prochain sommet de l’UE.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]