Le coût de la vie étudiante atteint des sommets « historiques »
Le coût de la vie étudiante atteint de nouveaux sommets en France, notamment par le biais d'une explosion des frais de la vie courante, tels le loyer, l'alimentation et les abonnements téléphoniques, révèlent deux syndicats étudiants.
Le coût de la vie étudiante atteint de nouveaux sommets en France, notamment par le biais d’une explosion des frais de la vie courante, tels le loyer, l’alimentation et les abonnements téléphoniques, révèlent deux syndicats étudiants.
L’augmentation du coût de la vie crée une grande précarité étudiante partout dans le pays, soulignait Hania Hamidi, secrétaire générale de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), à Sud Radio mardi (15 août).
Quatre étudiants sur dix doivent sauter au moins un repas par jour par manque de moyens, explique-t-elle.
Selon un rapport publié mercredi (16 août) par la FAGE, le premier syndicat étudiant français, l’un des postes de dépenses le plus affecté par l’inflation est le loyer, qui prend 9 % par rapport à l’année dernière pour atteindre une moyenne de 534 euros. Des tendances similaires existent pour les forfaits téléphoniques et internet (+19 %), les produits alimentaires de première nécessité (+15 %) et les transports (+7 %).
Au total, au vu de l’inflation rampante qui existe en France depuis plus d’un an, les frais de vie courante devraient augmenter de 8,9 % pour cette rentrée universitaire, de telle manière que le premier mois de la rentrée devrait coûter 3 024 euros en moyenne à chaque étudiant, toujours selon la FAGE. Ce résultat comprend aussi les dépenses spécifiques à une rentrée, telles qu’une assurance maladie, les frais d’inscription et les fournitures.
Ces chiffres ne tiennent pas compte des boursiers et partent du postulat qu’un étudiant vit en dehors du domicile parental pendant toute la durée de ses études.
Au total, c’est une augmentation de 500 euros qui s’appliquera à tous les étudiants lors de cette nouvelle année universitaire ; un chiffre que Félix Sosso, porte-parole de la FAGE, qualifie d’ « historique ».
Sur RTL mercredi, il alertait sur le phénomène de « salariat contraint », qui oblige les étudiants à travailler pendant leurs études, mettant à mal leur cursus universitaire. « Au-delà de 16 heures [de travail] par semaine, il y a un impact considérable sur les études. [Les étudiants] ont deux fois plus de chances d’échouer en licence », a-t-il ajouté.
Les données de l’UNEF dressent un tableau similaire, soulignant une augmentation annuelle de 595 euros.
Effets inflationnistes
La France, à l’instar de ses homologues européens, est confrontée à une inflation de taille depuis la fin de la pandémie de la Covid-19 et l’invasion russe en Ukraine, qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et fait grimper les prix de l’énergie.
La hausse des prix a atteint 4,5 % en glissement annuel en juin en France, après un pic de 6,3 % début 2023.
En mars, le gouvernement a annoncé 500 millions d’euros pour la rentrée universitaire afin d’augmenter le montant des bourses et d’élargir les critères d’éligibilité, dans le but d’atténuer les effets les plus néfastes de l’inflation, soulignait Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sur France Inter mercredi.
Une « réforme structurelle » de l’octroi des bourses est également en cours, bien que les détails restent encore inconnus.
Enfin, lors de sa candidature à l’élection présidentielle de 2017, le président français Emmanuel Macron s’était engagé à construire 60 000 nouveaux logements étudiants d’ici 2022, dans le but de réduire le prix des loyers.
En avril 2023, le ministère de la Transition écologique soulignait que moins de 40 000 logements avaient été effectivement construits ou rénovés, selon plusieurs médias. L’UNEF affirme que seuls 3 000 nouveaux logements « CROUS » ont été construits au cours des six dernières années.