Suède : le Premier ministre prêt à accueillir des armes nucléaires en cas de guerre

La Suède est ouverte à la possibilité d’accueillir des armes nucléaires sur son sol en cas de guerre, a déclaré lundi (13 mai) le Premier ministre suédois Ulf Kristersson avant de rassurer les communautés locales en affirmant que toute action se ferait selon les « conditions suédoises ».

Euractiv.com
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« S’il y a une guerre contre nous sur notre territoire, dans laquelle la Suède est entraînée après une attaque par d’autres, la situation est complètement différente. L’ensemble de l’OTAN bénéficie alors du parapluie nucléaire qui doit exister dans les démocraties tant que des pays comme la Russie disposent d’armes nucléaires », a confié le Premier ministre à l’agence P1. [EPA-EFE/Christine Olsson]

La Suède est ouverte à la possibilité d’accueillir des armes nucléaires sur son sol en cas de guerre, a déclaré lundi (13 mai) le Premier ministre suédois Ulf Kristersson avant de rassurer les communautés locales en affirmant que toute action se ferait selon les « conditions suédoises ».

Stockholm a mis fin à 200 ans de non-alignement militaire en rejoignant l’OTAN en mars dernier. Quelques mois avant cette adhésion, la Suède et les États-Unis avaient annoncé qu’un accord de coopération en matière de défense (DCA) était en cours de négociation.

Le parlement suédois s’apprête à présent à voter sur la proposition du gouvernement concernant cet accord controversé, qui permettrait aux Américains d’accéder aux bases militaires suédoises et d’y entreposer des équipements et des armes.

Le Parti de gauche, entre autres, a dénoncé l’accord qui donnerait trop de pouvoir et d’influence à l’armée américaine et qui n’aborde pas explicitement la question des armes nucléaires sur le sol suédois, contrairement à des accords similaires entre les États-Unis et le Danemark ou la Norvège.

Les populations des zones concernées ont quant à elle exprimé leurs inquiétudes, notamment parce qu’elles ne seront plus autorisées à rester dans certaines zones naturelles populaires, qu’il y aura davantage de déchets et des tensions sociales entre les troupes américaines et la population locale.

Face à ces inquétudes, Ulf Kristersson, du parti conservateur les Modérés, s’est voulu rassurant. « C’est la Suède qui décide sur le territoire suédois. C’est clair comme de l’eau de roche. Tout se déroule selon les conditions suédoises », a-t-il expliqué sur la radio P1 lundi avant une réunion de haut niveau entre les cinq Premiers ministres des pays nordiques et le chancelier allemand Olaf Scholz à Stockholm.

Il a précisé qu’en temps de paix, il ne devrait pas y avoir de troupes américaines permanentes ni d’armes nucléaires sur le sol suédois.

Cependant, en temps de guerre, la situation serait différente, a-t-il affirmé.

« S’il y a une guerre contre nous sur notre territoire, dans laquelle la Suède est entraînée après une attaque par d’autres, la situation est complètement différente. L’ensemble de l’OTAN bénéficie alors du parapluie nucléaire qui doit exister dans les démocraties tant que des pays comme la Russie disposent d’armes nucléaires », a confié le Premier ministre à la radio.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]