Sumar met en garde les socialistes de Pedro Sánchez contre le discours de l'extrême droite sur les exilés
Selon un ministre partenaire de la coalition de gauche Sumar, le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre Pedro Sánchez ne doit pas « succomber à la tentation » de se faire l’écho du discours de l’extrême droite dans la perspective de remporter une échéance électorale.
Selon un ministre partenaire de la coalition de gauche Sumar, le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre Pedro Sánchez ne doit pas « succomber à la tentation » de se faire l’écho du discours de l’extrême droite dans la perspective de remporter une échéance électorale.
Mardi 3 septembre, le ministre espagnol de la Culture Ernest Urtasun a déclaré sur la chaîne publique espagnole RTVE que le PSOE devrait résister à la rhétorique anti-exilés dans le débat public, distillée par Vox et le nouveau parti d’extrême droite Se Acabó la Fiesta (SALF) de l’agitateur controversé Alvise Pérez.
Les commentaires d’Ernest Urtasun interviennent alors que Vox et SALF, mais aussi le parti de droite Partido Popular (PP), ont appelé à une augmentation des expulsions d’exilés clandestins d’Espagne.
Les arrivées record enregistrées au cours de l’été dans les îles Canaries et dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, ont fait naître la crainte d’une crise humanitaire face au surpeuplement des centres de détention dans ces deux régions.
Face à la gravité de la situation, le sous-secrétaire italien à l’Intérieur Nicola Moteni a expliqué au journal italien La Stampa que la principale urgence migratoire en Europe s’était déplacée de Lampedusa (dans le sud de l’Italie) vers les îles Canaries, rapporte EFE.
Ernest Urtasun, un ancien eurodéputé, a mis en garde Pedro Sánchez et son parti contre le fait de « considérer les expulsions comme la solution au problème, parce que cela n’est ni la recette ni le discours » nécessaires pour lutter contre les flux migratoires clandestins, réprimandant ainsi les points de vue de Vox et SALF.
Vox est actuellement la troisième force du parlement espagnol, avec 33 députés. SALF a quant à lui créé la surprise lors des élections européennes de juin en remportant 3 sièges au Parlement européen.
Alvise Pérez, élu en tant qu’eurodéputé, a demandé à ce que son parti rejoigne le groupe des Conservateurs et Réformistes Européens (CRE), quatrième force du Parlement européen.
Le groupe CRE, dirigé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia), devrait prendre une décision sur l’acceptation ou non du parti SALF en septembre, avait rapporté EFE, partenaire d’Euractiv, en juillet dernier.
Des voies d’entrée sûres pour les exilés en Europe
Ernest Urtasun, comme son ancien allié idéologique Podemos qui s’est radicalement séparé de la plateforme progressiste Sumar en décembre 2023, préconise une approche humanitaire du problème.
Une approche qui va à l’encontre du discours intransigeant de l’extrême droite en Espagne et d’autres partenaires de l’UE tels que la France et l’Allemagne.
Selon le ministre espagnol de la Culture, la coalition PSOE-Sumar préconise « un système d’accueil basé sur la solidarité », tout en critiquant « l’obstructionnisme » du PP en matière de politique migratoire, selon EFE.
Ernest Urtasun a également souligné la nécessité de régulariser le statut des exilés qui vivent déjà illégalement dans le pays, de faciliter toutes les « voies légales d’entrée en Europe » pour les exilés et de renforcer la collaboration avec les partenaires de l’UE.
Selon lui, « le grand échec de la politique migratoire européenne […] est que nous n’avons pas de voies d’entrée sûres pour les personnes qui veulent venir : nous en avons besoin pour éviter que ces personnes ne tombent entre les mains des mafias et ne risquent leur vie pour atteindre l’Europe ».