Teresa Ribera fustige la France, qui bloque ses projets d’interconnexion avec le réseau énergétique européen
La vice-présidente espagnole et ministre de la Transition écologique Teresa Ribera affirme que les Français bloquent depuis des années des projets visant à mieux relier la péninsule ibérique au réseau européen, ce qu’elle considère comme une « honte absolue ».
La vice-présidente espagnole et ministre de la Transition écologique Teresa Ribera affirme que les Français bloquent depuis des années des projets visant à mieux relier la péninsule ibérique au réseau européen, ce qu’elle considère comme une « honte absolue ».
S’adressant au quotidien Handelsblatt à Berlin, Mme Ribera, qui vise les postes de commissaire européenne chargée de l’énergie et/ou l’environnement pour la prochaine législature, a critiqué le gouvernement français pour avoir bloqué la construction d’interconnexions énergétiques transfrontalières.
La péninsule ibérique possède des connexions limitées avec le reste de l’Europe en matière de câbles et de pipelines, raison pour laquelle la construction de nouvelles lignes vers la France est une « priorité absolue pour nous », a expliqué Mme Ribera.
« Mais les Français les bloquent [les interconnexions] depuis des années — c’est une honte absolue », a-t-elle affirmé, insistant sur le fait que « lorsque la France a dû fermer de nombreuses centrales nucléaires l’année dernière en raison de la sécheresse, Paris a demandé de l’aide à ses voisins ».
Et l’Espagne « a exporté autant d’électricité vers la France que les réseaux le permettaient ».
Madrid s’appuie sur « l’expérience traumatisante » de la crise énergétique pour pousser Paris à réagir. Connecter la péninsule ibérique à l’Europe « ne doit pas être une question purement bilatérale », a souligné la ministre.
La ministre espagnole estime que l’interconnexion entre les États membres de l’UE est la voie à suivre : « Plus nos réseaux énergétiques seront connectés, plus nous aurons de possibilités de trouver des alternatives rapides ».
À ce jour, le taux d’interconnexion entre l’Espagne et la France représente environ 6 % de la capacité électrique espagnole, ce qui est nettement inférieur à l’objectif de 15 % fixé pour l’ensemble de l’Europe. L’Espagne est également connecté, bien que dans une moindre mesure, au Portugal, mais ce taux d’interconnexion ne permet pas à Madrid d’atteindre l’objectif fixé par l’UE.
Lors d’un discours prononcé à l’Université de la Sorbonne jeudi dernier (25 avril), le président français Emmanuel Macron a laissé entendre que Paris pourrait être en train de changer d’avis au sujet des interconnexions.
« Il nous faut assumer de construire beaucoup plus de capacités en renouvelable et nucléaire […] et investir dans les interconnexions électriques en Europe », a-t-il affirmé.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]