Thierry Repentin : « Nous ne sommes pas en crise avec Bruxelles »
ENTRETIEN / En amont d’un sommet européen à Bruxelles, Thierry Repentin, le ministre français des affaires européennes, a déclaré que les attaques françaises à l’égard de la Commission européenne ne sont que « l’écume des vagues ». Un reportage d’EURACTIV France.
ENTRETIEN / En amont d’un sommet européen à Bruxelles, Thierry Repentin, le ministre français des affaires européennes, a déclaré que les attaques françaises à l’égard de la Commission européenne ne sont que « l’écume des vagues ». Un reportage d’EURACTIV France.
Le ministre français des affaires européennes, Thierry Repentin, a tenté d'apaiser les relations tendues entre Paris et Bruxelles.
« À mon sens, ces discussions n’auront pas beaucoup de répercussions. Elles sont l’écume des vagues. J’ai récemment vu plusieurs commissaires européens, nos relations ne sont absolument pas altérées », a-t-il expliqué lors d'un entretien avec EURACTIV France.
La Commission et la France ont échangé des propos âpres ces dernières semaines après la publication de recommandations normatives sur des réformes économiques. François Hollande avait critiqué ouvertement ces recommandations en déclarant que la Commission n'avait pas à dicter aux États membres ce qu'ils ont à faire.
Le ministre français de l'industrie, Arnaud Montebourg, a rajouté de l'huile sur le feu cette semaine an accusant l'exécutif européen d'être « le carburant du Front national » en ne parvenant pas à défendre les intérêts de la population ordinaire. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a répondu que la France faisait de Bruxelles un bouc émissaire pour ses problèmes politiques nationaux.
M. Repentin a indiqué que Paris avait accepté de collaborer avec la Commission sur des propositions de réforme, mais que la marge de négociations était réduite.
« Les recommandations formulées par la Commission à l’égard des pays déterminent un cadre général dans lequel nous acceptons de travailler », a-t-il ajouté. « Les contrats de compétitivité sont encore lointains. Nous avons donc le temps du dialogue ».
« Nous ne sommes pas en crise avec Bruxelles. »
Sommet en vue
Le ministre demeure loyal envers son président et a défendu sa position selon laquelle les recommandations étaient trop normatives. « Certains ont eu une lecture pointilliste, selon laquelle la Commission dictait des solutions aux États », a-t-il déclaré.
Selon lui, la France ferait en sorte que le sommet européen de cette semaine comprenne des propositions de M. Hollande en faveur d'une union monétaire et économique approfondie.
« Des progrès sont accomplis sur l’union bancaire. La supervision bancaire est actée et la recapitalisation directe des banques par le mécanisme européen de stabilité est en bonne voie. Or, cette question n’est pas simple pour les Allemands », a-t-il indiqué. « Il faudra ensuite franchir la deuxième étape, c’est-à-dire aboutir avant la fin de cette législature [en 2014] à la création du mécanisme de résolution des faillites bancaires. »
M. Repentin a ajouté que France demanderait un plan d'action pour l’emploi des jeunes, qui comprendrait la « mise en œuvre rapide » du fonds de six milliards d'euros avec un décaissement sur deux années au lieu de sept et la mise en œuvre de la « garantie jeunes » dans tous les États.
Les 27 et 28 juin, les chefs d'État et de gouvernement d'Europe se rencontreront à Bruxelles pour discuter de la coordination de la politique budgétaire et économique des États membres, de l'emploi chez les jeunes, et de l'avancée dans l'achèvement de l'union monétaire et économique, en particulier l'union bancaire.
>> Pour lire cet entretien de Thierry Repentin avec EURACTIV France dans son intégralité, veuillez cliquer ici.