UE - ASEAN : un sommet à Bruxelles pour « reconnecter » l'Europe et l'Asie
Les dirigeants de l'UE se réunissent en sommet mercredi (14 décembre) à Bruxelles avec leurs homologues de l'ASEAN pour « reconnecter » l'Europe avec l'une des zones les plus dynamiques du monde, devenue le principal partenaire commercial de la Chine.
Les dirigeants de l’UE se réunissent en sommet mercredi (14 décembre) à Bruxelles avec leurs homologues de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour « reconnecter » l’Europe avec l’une des zones les plus dynamiques du monde, devenue le principal partenaire commercial de la Chine.
« La réunion UE-ASEAN nous donnera l’occasion d’échanger sur notre partenariat stratégique et de discuter de questions importantes d’intérêt commun, notamment les défis de sécurité, la connectivité, le commerce, les transitions verte et numérique, la sécurité alimentaire », a expliqué le président du Conseil européen Charles Michel, organisateur de la rencontre.
« Je suis convaincu que ce sera le premier de nombreux engagements réguliers de nos deux régions aux vues similaires », a-t-il ajouté.
Il s’agit surtout de resserrer les contacts existants : les deux régions et les deux organisations sont déjà en relations depuis 45 ans et « les liens sont solides », a assuré un responsable européen.
Créée en 1967, dans un cadre de coopération régionale se rapprochant du projet européen, l’ASEAN regroupe l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, les Philippines, Brunei, le Vietnam, le Laos, le Cambodge et la Birmanie. Cette dernière ne sera pas présente à Bruxelles, car la junte est tenue à l’écart de l’organisation depuis le coup d’État en février 2021.
Le sommet débutera à 13h00 (12H00 GMT). L’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept devraient être présents, à l’exception du président Emmanuel Macron, qui se rend mercredi à Doha pour soutenir « les Bleus » face au Maroc en demi-finales de la Coupe du monde de football.
L’ombre de la Chine planera sur la rencontre. Si elle n’est pas officiellement à l’agenda, elle constituera « l’éléphant dans la salle »: les menaces de Pékin sur Taïwan et sur la libre navigation dans la mer de Chine du sud, importante route maritime, sont deux sujets de préoccupation partagés.
Les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale se heurtent d’ailleurs à celles de plusieurs membres de l’ASEAN, et l’Asie du Sud-Est est le théâtre de la rivalité croissante entre les Etats-Unis et la Chine, qui s’y livrent une lutte d’influence économique et sécuritaire.
Le président américain Joe Biden avait d’ailleurs lui-même participé mi-novembre au sommet de l’ASEAN à Phnom Penh au Cambodge.
Diversification
Mais l’essentiel des discussions au sommet de Bruxelles portera sur la crise provoquée par la guerre engagée par la Russie en Ukraine, dont les conséquences économiques sont mondiales.
Les Européens veulent « sensibiliser » leurs partenaires de l’Asie du Sud-Est et « obtenir une condamnation de la Russie », qui cherche à contourner les sanctions économiques imposées par le G7, ont expliqué plusieurs responsables européens à Bruxelles.
Les échanges commerciaux seront l’autre point fort du sommet. L’UE est un important partenaire pour les pays de l’ASEAN, mais « la Chine est bien plus importante pour eux en termes d’échanges commerciaux, plus que les Etats-Unis et que l’UE », a rappelé un responsable allemand.
« Il y a une nécessité pour les Européens de se ‘reconnecter’ avec l’ASEAN, une des zones les plus dynamiques du monde », à fort potentiel de croissance économique, insiste-t-on à Paris.
Le chancelier Olaf Scholz a commencé à le faire pour l’Allemagne avec plusieurs voyages dans la région.
Quelque 10 milliards d’euros de fonds européens sont prévus pour des investissements dans les pays de la région, et une liste de projets a été préparée pour le sommet, ont indiqué des responsables européens.
L’UE cherche à « diversifier ses fournisseurs afin de sécuriser tous ses approvisionnements » et « refuse la logique des sphères d’influence », soulignent-ils.
Tiraillés entre la Chine et les Etats-Unis, les pays de l’ASEAN partagent cette démarche. « Le sommet arrive à point », constate l’un des responsables européens.