UE-Golfe : les dirigeants relancent les négociations commerciales et réclament un cessez-le-feu au Moyen-Orient

Lors du premier sommet entre les dirigeants de l’Union européenne et leurs homologues du Golfe, les deux parties se sont mises d’accord pour relancer des négociations commerciales longtemps bloquées, malgré de profonds désaccords sur la manière de les formuler.

EURACTIV.com
European Union And The Gulf Cooperation Council Hold First Summit
Charles Michel, président du Conseil européen, et le prince Mohammed bin Salaman bin Abdulaziz, prince héritier et Premier ministre d'Arabie saoudite, lors du sommet de l'Union européenne et du Conseil de coopération du Golfe, le 16 octobre 2024 à Bruxelles, en Belgique. [Getty Images/Pier Marco Tacca]

Lors du premier sommet entre les dirigeants de l’Union européenne et leurs homologues des pays du Golfe mercredi 16 octobre, les deux parties se sont mises d’accord pour relancer des négociations commerciales longtemps bloquées, malgré de profonds désaccords sur la manière de les formuler.

L’un des principaux objectifs du premier sommet entre les dirigeants de l’UE et les six pays du Golfe, à savoir l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar, était d’aborder les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

« Les pays du Golfe sont des partenaires essentiels pour la sécurité régionale et nous saluons leurs efforts pour mettre fin à la spirale de violence au Moyen-Orient », a affirmé Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, à l’issue du sommet.

Dans un communiqué commun, les deux parties se sont déclarées « extrêmement préoccupées » par l’évolution de la situation en Israël, à Gaza et au Liban, ont appelé à « un cessez-le-feu immédiat et complet » et ont exhorté toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international.

Elles ont également souligné la nécessité d’un accès immédiat et sans entrave à « une aide humanitaire à grande échelle dans toute la bande de Gaza pour tous les civils palestiniens qui en ont besoin ».

Certains homologues du Golfe ont toutefois douché les espoirs de voir aboutir rapidement les efforts de médiation régionale entre Israël et le Hamas en vue d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

« Au cours des trois ou quatre dernières semaines, il n’y a eu aucune conversation ni aucun engagement, et nous ne faisons que tourner en rond avec le silence de toutes les parties », a souligné le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, à des journalistes à Bruxelles.

Le Qatar entretient des relations de longue date avec le Hamas et est largement considéré comme un acteur central des médiations, dont le déroulement a été tout sauf linéaire.

« Il y a besoin des deux parties pour parvenir à un accord. Si l’une d’entre elles ne veut pas ou n’est pas intéressée par un accord […], vous ne pourrez jamais l’appliquer », a expliqué le Premier ministre du Qatar.

Les relations avec l’Iran, qui constituent une préoccupation majeure pour l’UE en raison du soutien militaire que la République Islamique apporte à la Russie, n’ont pratiquement pas été mentionnées dans la déclaration commune du sommet.

Au départ, l’UE souhaitait également que les partenaires du Golfe signent une déclaration plus ferme sur l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Mais, si le communiqué conjoint affirme la souveraineté des États, condamne les attaques contre les civils et les infrastructures critiques et déplore la « guerre prolongée », il fait à peine référence à la Russie.

« Nous soulignons la nécessité de parvenir, dès que possible, à une paix globale, juste et durable en Ukraine, conformément aux principes de la Charte des Nations unies », indique le communiqué conjoint.

Les deux parties ont également annoncé qu’elles allaient relancer les discussions sur un accord de libre-échange entamées il y a 35 ans et suspendues en 2008, et qu’elles allaient stimuler la coopération dans les domaines des technologies propres, des minerais essentiels à la transition verte, des énergies renouvelables et de la production d’hydrogène.

Dans le cadre des efforts déployés pour organiser des sommets bisannuels, le prochain devrait avoir lieu en Arabie saoudite en 2026.

[Édité par Anna Martino]