Un espion slovaque au service de la Russie écope de liberté conditionnelle et d’une amende de 15 000 euros

Un « collaborateur occasionnel » du portail d’information complotiste Hlavné správy, accusé dans l’affaire d’espionnage pour le compte de la Russie, a accepté cette semaine un accord de plaidoyer avec le procureur, cas unique en Slovaquie.

EURACTIV Slovaquie
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On ne sait pas exactement comment M. Garbár, qui est également lié à la scène extrémiste slovaque, a eu accès à ces informations. [Shutterstock/Anelo]

Un « collaborateur occasionnel » du portail d’information complotiste Hlavné správy, accusé dans l’affaire d’espionnage pour le compte de la Russie, a accepté cette semaine un accord de plaidoyer avec le procureur, cas unique en Slovaquie.

Le cas de Bohuš Garbár est devenu public grâce à une compilation de vidéos de 2021, réalisées par les forces de sécurité slovaques, exposant l’espionnage russe en Slovaquie.

La séquence, publiée en mars 2022 par Denník N, montre la conversation de M. Garbár, organisant une collaboration avec un officier du renseignement militaire russe GRU, qui se faisait passer pour un attaché militaire adjoint à l’ambassade de Russie à Bratislava.

« J’ai dit à Moscou quel bon garçon tu es, que tu as beaucoup d’amis, une sorte de mafia slovaque, et Moscou a décidé que tu serais en quelque sorte un chasseur », a déclaré le colonel Sergey Solomasov à M. Garbár lors de cette conversation.

La vidéo diffuse leur discussion, dans laquelle est mentionnée l’implication d’autres personnes « qui aiment la Russie » et de celles « qui ont des informations secrètes ». À la fin, M. Solomasov offre à l’espion 500 € pour lui et 500 € pour « son ami ».

Le procureur a déclaré que M. Garbár a obtenu des informations confidentielles et ultra-confidentielles, tandis que la partie russe était intéressée par des faits sensibles et classifiés provenant des services de sécurité et de renseignement slovaques ou par la coopération de la Slovaquie, de l’UE et de l’OTAN avec l’Ukraine.

Cependant, on ne sait pas exactement comment M. Garbár, qui est également lié à la scène extrémiste slovaque, a eu accès à ces informations.

Le tribunal l’a déclaré coupable du délit d’espionnage et de corruption. Il a été condamné à trois ans de prison avec sursis et à la liberté conditionnelle pendant une période probatoire de trois ans. Le tribunal l’a également condamné à une amende de 15 000 euros et à une peine de confiscation des biens d’un montant de 1 000 euros.

Depuis la révélation de l’affaire d’espionnage, la Slovaquie a expulsé trois diplomates russes, dont le colonel Solomasov.

La rédaction de Hlavné správy, avec laquelle M. Garbár collaborait, a affirmé qu’il n’était qu’un correspondant occasionnel non rémunéré et qu’elle n’était pas au courant de ses activités pour les services secrets russes.

Le portail avait été temporairement bloqué par l’Agence de sécurité nationale sur la base de la loi sur la cybersécurité, peu après l’invasion de la Russie en Ukraine, mais il est désormais de nouveau opérationnel.