Un haut fonctionnaire européen aux manettes de la campagne de Junker

Martin Selmayr, chef du cabinet de la commissaire à la Justice, Viviane Reding, a été nommé pour mener la campagne de la tête de liste du Parti populaire européen, Jean-Claude Junker, candidat à la présidence de la Commission.

EURACTIV.fr
Martin Selmayr [European Commission]
Martin Selmayr [European Commission]

Martin Selmayr, chef du cabinet de la commissaire à la Justice, Viviane Reding, a été nommé pour mener la campagne de la tête de liste du Parti populaire européen, Jean-Claude Junker, candidat à la présidence de la Commission.

Martin Selmayr a déménagé le 1er avril dans les quartiers généraux du Parti populaire européen (PPE) en vue de mener la campagne de Jean-Claude Junker qui se présente à la succession de José Manuel Barroso.

Martin Seylmar a travaillé dans le passé auprès de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI). Il était également chef du bureau bruxellois de la Fondation Bertelsmann, un groupe de réflexion allemand et organisation des affaires publiques.

En 2004, Martin Selmayr a pris le poste de porte-parole de la Commission européenne en charge de la société d’information et des médias – sous la houlette de Viviane Reding, alors commissaire à l’Éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse. Puis, en 2010, Il a été promu chef de cabinet lorsque Viviane Reding a pris ses fonctions en tant que commissaire à la Justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté. Après son départ, il sera remplacé par le chef de cabinet Telmo Balthazar, membre du cabinet de la commissaire luxembourgeoise, responsable des relations interinstitutionnelles.

La vice-présidente du cabinet Reding, Viviane Hoffmann, quitte également ses fonctions aujourd’hui même et devient conseillère principale auprès du directeur général de la DG Communication de la Commission européenne. Elle sera remplacée, quant à elle, par la membre du cabinet Pauline Rouch.

Officiellement, Martin Selmayr devrait retourner à ses fonctions une fois la campagne pour les européennes terminée, en juin prochain. Cependant, le haut fonctionnaire allemand pourrait bien assister Jean-Claude Junker à son prochain poste, selon les informations d’EURACTIV. « Ils partagent les mêmes idées, la même vision de l’Europe. Ils s’entendent à merveille, donc il y a de bonnes chances [que leur collaboration] se poursuive ».

Lors du Congrès de Dublin, le 7 mars dernier, Jean-Claude Junker a remporté les primaires organisées par le PPE et concourt depuis lors à la présidence de la Commission.

Les partis européens ont mis en avant leur candidat de tête de liste pour le poste de la présidence de la Commission. Un précédent dans l’histoire européenne car les électeurs européens pourront exprimer leur choix sur celui ou celle qu’ils considèrent le ou la plus à même à prendre les rênes de l’exécutif européen. Le prochain candidat à la succession de Barroso devra encore être nommé par les dirigeants des États membres et élu par le Parlement européen avant de pouvoir occuper les locaux du Berlaymont.

Ceci dit, si la droite devait obtenir le plus de sièges lors du prochain mandat législatif, Jean-Claude Junker aurait alors de fortes chances d’accéder au siège présidentiel de la Commission. Les dirigeants européens ont en effet clairement soutenu sa candidature, parmi lesquels la chancelière allemande Angela Merkel.

Jean-Claude Junker a néanmoins besoin du soutien de son gouvernement national. L’ancien premier ministre luxembourgeois a perdu les dernières élections. Or, l’actuel premier ministre, Xavier Bettel est un libéral à la tête d’une coalition gouvernementale de centre-gauche.

Lors de sa campagne, le Luxembourgeois a à plusieurs reprises vertement critiqué l’action des sociaux-démocrates et leur mode de gouvernance, qu’il a qualifiés « d’irresponsable ».

Il a aussi indiqué lors d’un entretien avec le Süddeutsche Zeitung que l’Europe était tout autant néolibérale lorsque les sociaux-démocrates dominaient en Europe. Il a poursuivi et précisé que la solidarité n’était pas l’apanage des sociaux-démocrates.