Un navire iranien échappe aux États-Unis et trouve refuge au Sri Lanka, mettant le pays sous pression

Selon certaines sources, la présence d'un équipage armé suscite des inquiétudes quant à des activités militaires étrangères sur le sol sri-lankais

EURACTIV.com
Un navire iranien navigue dans le golfe Persique le 30 avril 2019 [Photo : Morteza Nikoubazl via Getty Images]

Plusieurs semaines après qu’un navire iranien fuyant la marine américaine a cherché refuge au Sri Lanka, les autorités ne savent toujours pas comment gérer ces invités indésirables.

L’IRIS Bushehr, un navire de ravitaillement, a demandé pour la première fois l’autorisation d’entrer dans les eaux territoriales le 4 mars, à la suite du naufrage d’une frégate iranienne – l’IRIS Dena – dans les environs, causé par les forces américaines. Les deux navires iraniens rentraient chez eux après avoir participé à un exercice naval avec l’Inde.

Les autorités sri-lankaises ont dans un premier temps rejeté la demande du Bushehr. L’équipage a alors lancé un appel de détresse, invoquant une panne mécanique, bien que les officiers de la marine sri-lankaise n’aient trouvé aucune preuve à l’appui de cette affirmation, selon des responsables de la sécurité qui se sont entretenus avec Euractiv.

Malgré ce refus, le navire a pénétré dans les eaux sri-lankaises avec à son bord plus de 200 membres d’équipage iraniens, dont du personnel armé, suscitant immédiatement des inquiétudes parmi les responsables locaux quant à la souveraineté et à la sécurité.

Après avoir accosté près du port de Colombo, de nombreux membres d’équipage auraient demandé l’asile, selon des personnes proches du dossier.

Les tensions entre Colombo et Téhéran se sont depuis intensifiées, indiquent des responsables de la sécurité. L’attaché militaire iranien au Sri Lanka a pris le contrôle du navire, limitant l’accès des autorités locales. La présence continue de personnel armé à bord a été considérée par certains responsables sri-lankais comme une atteinte à la souveraineté.

Les autorités craignent également d’éventuelles pressions de Washington concernant l’accueil de personnel iranien susceptible de détenir des renseignements précieux, ont ajouté ces responsables.

Le Bushehr se trouvant désormais dans le port de Trincomalee, le Sri Lanka fait face à une pression croissante pour clarifier sa position – notamment en ce qui concerne la présence militaire étrangère sur son territoire et son alignement diplomatique plus large dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.

Les responsables du gouvernement sri-lankais n’ont pas pu être joints immédiatement pour commenter.

(cz)