L'UE approuve une enveloppe de 6,1 milliards d'euros pour l'achat d'armes destinées à l'Ukraine

Bruxelles accorde des dérogations permettant à Kiev d'acheter du matériel de défense fabriqué aux États-Unis

EURACTIV.com
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy se tient devant le système de missiles de défense aérienne « Patriot » sur un terrain d'entraînement militaire, lors d'une visite en Allemagne en juin 2024. [Jens Büttner/picture alliance via Getty Images]

Vendredi, la Commission a approuvé la demande de l’Ukraine visant à obtenir 6,1 milliards d’euros pour l’achat de systèmes de défense aérienne et antimissile ainsi que de matériel de drones, accordant cinq dérogations à son obligation « Buy European », notamment pour l’acquisition de missiles Patriot de fabrication américaine.

Ce programme comprend également des financements destinés aux munitions et au matériel de guerre électronique.

Trois de ces dérogations concernent des drones et des composants de fabrication ukrainienne dont le coût dépasse les seuils fixés, tandis que deux autres portent sur du matériel de fabrication américaine, en particulier des missiles PAC-3 destinés aux systèmes Patriot, notamment par le biais du mécanisme PURL coordonné par l’OTAN, a déclaré aux journalistes Andrius Kubilius, commissaire chargé de la Défense et de l’Espace.

L’Ukraine fait pression sur ses alliés pour obtenir davantage de missiles Patriot alors que la Russie intensifie ses attaques, dont beaucoup ont visé des infrastructures civiles et énergétiques.

Ces fonds s’inscrivent dans le cadre du prêt de soutien à l’Ukraine de 90 milliards d’euros, dont les deux tiers sont alloués aux dépenses militaires. Cet instrument prévoit une préférence européenne en vertu de laquelle l’Ukraine est censée s’approvisionner en priorité auprès de fabricants européens.

Elle peut toutefois demander une dérogation pour se procurer du matériel de fabrication étrangère si elle est en mesure de prouver qu’il n’existe aucun équivalent européen ou qu’un tel équipement ne peut être produit à l’échelle et au rythme requis.

Kubilius a déclaré que la décision d’accorder la dérogation concernant les missiles Patriot fait suite à des discussions « intensives » entre les États membres de l’UE et avec Washington.

« Nous avons demandé à l’administration américaine de s’engager plus clairement sur certaines de ses obligations ; elle nous a donc adressé une lettre que nous avons jugée suffisante pour accorder cette dérogation », a-t-il déclaré.

Cette approbation signifie que la totalité des 28,3 milliards d’euros alloués à la défense de l’Ukraine en 2026 dans le cadre de ce prêt a désormais été affectée.

Interrogé par Euractiv sur la part des fonds alloués à ce jour qui serait destinée aux producteurs européens, compte tenu du nombre de dérogations déjà accordées, Kubilius a répondu que, sur la base des contrats individuels, « environ 35 % des contrats sont destinés à l’Ukraine, une part équivalente revient à des entreprises européennes, et environ 30 % sont destinés à des pays tiers ».

Kubilius a toutefois précisé que ces chiffres varient en fonction de la manière dont les marchés publics sont calculés, notamment lorsque l’origine des composants est prise en compte. Il a ajouté qu’une autre évaluation, réalisée selon une méthodologie différente, fait état de chiffres s’élevant à environ 60 % pour l’Ukraine, 30 % pour les entreprises européennes et 10 % pour les pays tiers.

La Commission a déjà versé 8,35 milliards d’euros de fonds destinés à la défense à l’Ukraine cette année. Les fonds ne sont débloqués qu’une fois les contrats signés.

Kubilius a déclaré que l’UE doit accélérer les livraisons en réduisant les stocks, en redéfinissant les priorités des commandes et en augmentant la production.

« L’avantage militaire de l’Ukraine dépend de la disponibilité rapide de produits essentiels, dans les quantités requises et dans des délais très courts », a déclaré Kubilius.

(aw)