Un projet de fusion boursière massive sera prochainement examiné par l'UE
L'UE devra bientôt examiner un projet de fusion entre deux des plus grandes places boursières qui, selon les responsables américains pourrait faire passer le pouvoir financier de New York à Francfort.
L'UE devra bientôt examiner un projet de fusion entre deux des plus grandes places boursières qui, selon les responsables américains pourrait faire passer le pouvoir financier de New York à Francfort.
La Deutsche Börse et NYSE Euronext ont admis qu'ils étaient en pourparlers avancés concernant leurs opérations. Cette fusion pourrait donner naissance au premier opérateur boursier dans le monde avec une très forte présence sur les produits dérivés et les actions au comptant en Europe.
Avant une réunion avec Joaquin Almunia, le commissaire européen en charge de la compétitivité, Dominique Cerutti, directeur général adjoint de NYSE Euronext, a déclaré hier (22 février) qu'il était confiant quant à l’approbation de la fusion par la Commission européenne d'ici la fin de l'année 2011.
L'accord attribuerait une part majoritaire de 60 % dans la société à la Deutsche Börse. Cette fusion, selon certains, pourrait bien mener à la fin de la suprématie de Wall Street sur les marchés mondiaux.
M. Cerutti a confié aux journalistes hier que le marché des produits dérivés et les possibles opérations de « clearing » subiraient un contrôle très strict de la part des régulateurs de l'UE.
Il a également semblé confiant quant au fait que l'accord serait rapidement approuvé par la US Securities and Exchange Commission. La Commission européenne a récemment repoussé sa propre date butoir pour l'approbation de la fusion, s'accordant davantage de temps pour examiner l'accord.
La marque NYSE « en péril »
L'accord a suscité une certaine controverse parmi les législateurs américains qui craignent que la fusion ne porte atteinte à la marque NYSE.
« Le New York Stock Exchange est un symbole du prestige national et cette marque ne doit pas souffrir de la fusion », a déclaré le sénateur américain Charles Schumer, insistant sur le fait que les deux parties devraient se mettre d'accord sur un nom qui ne nuirait pas à la bourse américaine pour la nouvelle société.
Les deux sociétés tentent de profiter d'une impulsion réglementaire pour mettre des dérivés de gré à gré (produits OTC) sur les marchés boursiers.
M. Cerutti a condamné le manque de transparence sur les marchés mondiaux et a qualifié les produits dérivés d'opaques à 90 % et les actions d'opaques à près de 50 %.
Le règlement sur l'infrastructure du marché européen de l'UE, proposé en septembre 2010, a pour objectif d'améliorer la stabilité sur les marchés de produits dérivés OTC évalué à 600 mille milliards de dollars.
« Tous les contrats de produits dérivés de gré à gré normalisés devront être échangés sur des plateformes d’échanges ou via des plateformes de négociation électronique et compensés par des contreparties centrales d’ici la fin 2012 au plus tard », peut-on lire dans l'ébauche de réglementation.
Certains observateurs du marché font remarquer que cet accord consolidera le NYSE qui s'était affaibli en faveur de plateformes électroniques meilleur marché appelées Multilateral Trading Facilities (MTF).