Une eurodéputée roumaine de l'opposition craint une guerre civile dans son pays
Une éminente eurodéputée roumaine dans l'opposition a affirmé hier (12 août) qu'une guerre civile se préparait en Roumanie. En effet, le conflit entre la coalition de gauche au pouvoir et le président de centre-droit a atteint de nouveaux sommets, ce qui a entraîné de nouvelles réactions de la part de l'Union européenne et des Etats-Unis. EURACTIV Roumanie a contribué à cet article.
Une éminente eurodéputée roumaine dans l'opposition a affirmé hier (12 août) qu'une guerre civile se préparait en Roumanie. En effet, le conflit entre la coalition de gauche au pouvoir et le président de centre-droit a atteint de nouveaux sommets, ce qui a entraîné de nouvelles réactions de la part de l'Union européenne et des Etats-Unis. EURACTIV Roumanie a contribué à cet article.
Monica Macovei, une éminente eurodéputée du Parti libéral-démocrate (PDL) du président Traian B?sescu, a déclaré qu'elle s'attendait à une guerre civile dans son pays, a rapporté la presse roumaine.
Mme Macovei a expliqué qu'elle avait eu accès à une retranscription des propos tenus pendant des réunions ministérielles lors desquelles l'Union sociale-libérale (USL) du premier ministre, Victor Ponta, n'avait pas semblé impressionnée par les critiques des pays occidentaux.
« Comme j'ai pu le voir dans cette retranscription, ils [USL] se définissent comme une organisation criminelle organisée. Une organisation criminelle organisée qui dirige la Roumanie. Ils ont provoqué la situation dans laquelle nous nous trouvons et nous voyons bien qu'ils n'abandonnent pas. Je m'attends à une guerre civile », a-t-elle avancé.
Concernant les accusations de médisance sur son pays donnant le ton aux critiques exprimées par les dirigeants européens et les institutions, elle a déclaré : « Oui, je suis très influente : tout ce que je dis et écris est répété par Angela Merkel et M. Barroso. »
Ses propos ont suivi la publication d'une lettre ferme rédigée par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui y exprime ses « vives inquiétudes » quant aux récents événements liés à la validation du référendum sur la destitution de M. B?sescu.
Le 29 juillet, M. B?sescu a survécu à ce référendum après que le taux de participation s'est avéré inférieur aux 50 % requis, ce qui a empêché l'USL de renverser le président.
L'USL fait à présent pression sur la Cour constitutionnelle pour qu'elle approuve le scrutin lors duquel les électeurs ont voté en masse en faveur de la destitution du président. Un haut fonctionnaire qui supervisait le référendum a démissionné la semaine dernière après que l'USL l'a accusé d'avoir manqué de précision lors de l'examen des listes électorales. La coalition au pouvoir affirme qu'un décompte plus précis aurait révélé que plus de la moitié des électeurs enregistrés avait participé au référendum.
La Cour constitutionnelle devrait rendre sa décision sur la validité du référendum le 31 août.
Dans sa lettre, M. Barroso s'est dit inquiet des pressions et des tentatives d'intimidation dont seraient victimes les juges de la Cour constitutionnelle.
Les représentants de la Cour ont affirmé être la proie de pressions politiques « choquantes » en amont de leur décision sur la validité du référendum et ont demandé le soutien du Conseil de l'Europe et des institutions de l'Union européenne.
Dimension géopolitique ?
La situation de la Roumanie semble susciter l'intérêt des Etats-Unis, où la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a envoyé Philip Gordon, l'adjoint au secrétaire d'Etat pour les affaires européennes et eurasiennes, en Roumanie ce week-end.
M. Gordon devait discuter des inquiétudes des Etats-Unis quant aux récentes actions du gouvernement qui menacent la démocratie et affaiblissent les institutions indépendantes du pays, a fait savoir le département d'Etat dans un communiqué.
Les Etats-Unis disposent de bases militaires en Roumanie, un pays qui a récemment accepté d'héberger une partie du bouclier antimissile souhaité par Washington, une initiative qui déplait à Moscou.
Samedi, M. Ponta s'est exprimé devant ses partisans et a affirmé que la fin de M. B?sescu et de ses alliés était proche. Il a également fustigé les médias qui ont critiqué la coalition de l'USL.
M. B?sescu a quant à lui accusé le gouvernement de ne pas être à même d'absorber les fonds européens dont le pays a besoin pour redresser son économie. Les nouvelles estimations prévoient que la croissance économique pour 2012 sera de 1,2 %, contre 1,5 % auparavant.