Une fête du Travail très politique à Paris

A Paris, la fête du Travail a été marquée par un contexte politique fort en pleine campagne des élections législatives et par des heurts entre la police et des manifestants.

Euractiv France
Labor Day Protests in Paris
Ce qui a également marqué cette fête du travail, ce sont les violents heurts entre manifestants et forces de l’ordre. Selon le ministère de l'Intérieur, huit policiers et pompiers ont été blessés, et 45 interpellations ont eu lieu sur le parcours. En fin de journée, les boulevards parisiens étaient jalonnés de vitrines brisées, d’équipements urbains saccagés. [EPA-EFE/YOAN VALAT]

A Paris, la fête du Travail a été marquée par un contexte politique fort en pleine campagne des élections législatives et par des heurts entre la police et des manifestants.

Ce dimanche 1er mai, dans les grandes villes de France, des cortèges ont défilé pour cette mobilisation traditionnelle à l’appel des principaux syndicats, des associations étudiantes, des organisations sociales et environnementales.

Dans la capitale, quelque 21 000 personnes se sont rassemblées d’après le comptage indépendant du cabinet Occurrence, de son côté le syndicat CGT en revendique 50 000. Selon la police, les manifestants étaient 1 900 à Bordeaux, 3 600 à Marseille et 3 500 à Toulouse.

Les revendications comme la retraite à 60 ans, la protection des services publics ou encore la transition écologique se retrouvaient sur les pancartes, dans les slogans.

Teneur très politique

Mais cette année, l’événement avait une teneur très politique une semaine après l’élection du président de la République et en pleine campagne pour les élections législatives.

« On est là pour faire pression pour avoir l’union des gauches pour les législatives », confie Vincent à EURACTIV France dans le cortège. Ce militant pour l’union populaire de Jean-Luc Mélenchon y croît : « Il y a une ambiance d’espoir aujourd’hui, la victoire est à portée de main. »

Le leader de la France Insoumise, qui a annoncé vouloir devenir Premier ministre si son mouvement obtient la majorité parlementaire, a pris la parole en début d’après-midi place de la République à Paris pour réitérer l’appel à le rejoindre dans le cadre d’une grande coalition.

« Je crois que nous sommes à quelques millimètres de nous entendre tous » avait lancé le chef de la France Insoumise se donnant jusqu’à la fin du week-end pour trouver un accord en vue des élections législatives.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un accord a finalement été conclu avec les écologistes (EELV). Dans cette « Nouvelle Union populaire écologique et sociale », ces derniers seront soutenus dans une centaine de circonscriptions nationales sur 577 en tout.

Reste les socialistes et les communistes, dont les négociations sont toujours en cours. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon s’est entretenu avec le socialiste Olivier Faure (PS) au milieu d’une foule de militants et de journalistes, une rencontre très symbolique qui laisse penser qu’un rapprochement est possible.

« Je ne peux même pas vous dire, à cette heure-ci, si on conclura l’accord dans les heures ou les jours qui viennent » assurait pourtant le leader socialiste au journal Le Monde dans le cortège.

Heurts

Ce qui a également marqué cette fête du travail, ce sont les violents heurts entre manifestants et forces de l’ordre. Selon le ministère de l’Intérieur, huit policiers et pompiers ont été blessés, et 45 interpellations ont eu lieu sur le parcours. En fin de journée, les boulevards parisiens étaient jalonnés de vitrines brisées, d’équipements urbains saccagés.

Jean-Luc Mélenchon s’en est ému sur Twitter. Il dénonce les violences qui « invisibilisent la marche des syndicats et servent la propagande à [ses] pires adversaires »

De son côté, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a dénoncé, toujours sur Twitter, les « casseurs » qui « viennent perturber les manifestations du 1er-Mai notamment à Paris, en commettant des violences inacceptables ».