Une nouvelle étude réfute les théories climatosceptiques

Le réchauffement climatique est bien réel : les températures ont grimpé progressivement au cours des dernières décennies. C'est ce que révèle une étude qui réfute les affirmations des climatosceptiques selon lesquelles il n'existe pas suffisamment de preuves du changement climatique mondial.

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Le réchauffement climatique est bien réel : les températures ont grimpé progressivement au cours des dernières décennies. C'est ce que révèle une étude qui réfute les affirmations des climatosceptiques selon lesquelles il n'existe pas suffisamment de preuves du changement climatique mondial.

Selon une étude publiée hier (20 octobre) par le Berkley Earth Project, qui regroupait des physiciens, des climatologues et des statisticiens américains, les températures terrestres moyennes ont grimpé d'environ 1°C depuis le milieu des années 1950.

Le projet Berkley, financé entre autres par la Fondation Koch, liée à une entreprise qualifiée par Greenpeace de « gros bonnet du déni de la climatologie », est fondé sur l’analyse de données issues de 15 sources différences, remontant parfois jusqu'en 1800. Il s'agit de l'étude historique la plus complète jamais réalisée sur les températures terrestres, a affirmé Richard Muller, le physicien responsable du projet.

« J'espère que ces découvertes apaiseront le débat sur le réchauffement climatique en abordant bon nombre des inquiétudes fondées exprimées par les sceptiques, et ce de façon claire et rigoureuse », a déclaré Elisabeth Muller, cofondatrice et directrice exécutive du projet Berkley Earth.

La plupart des inquiétudes concernant les données fiables disponibles ont été alimentées par le « Climategate », qui a débuté en 2009 en amont de la conférence de Copenhague sur le climat. Ce scandale est survenu suite à la divulgation d'environ 1000 courriels de la Climatic Research Unit de l'université d'East Anglia, l'un des principaux centres fournissant des données au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Les climatosceptiques avaient alors affirmé que ces courriels révélaient que les chercheurs avaient manipulé certaines informations et que le réchauffement climatique était une conspiration scientifique, alors qu'il s'agissait en fait apparemment d'un échange d'idées.

Plus d'un milliard de relevés de température ont été compilés par les scientifiques du projet Berkley Earth. Ces relevés concordent avec ceux compilés par d'autres chercheurs aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et avec ceux cités dans des études précédentes. Il s'agit d'études menées par l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), par le Goddard Institute for Space Studies de la Nasa et par le Met Office Hadley Centre en collaboration avec l'université d'East Anglia au Royaume-Uni.

« Nous avons été très surpris de voir que les nouveaux résultats concordaient autant avec les relevés publiés précédemment par d'autres équipes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni », a expliqué Mme Muller. « Cela confirme que ces études ont été réalisées avec minutie et que les partis pris mentionnés par les climatosceptiques n'ont pas sérieusement influencé leurs conclusions ».

En amont de la conférence sur le climat à Durban en décembre prochain, le groupe Berkley a décidé d'utiliser d'autres méthodologies afin de trouver des arguments convaincants pour répondre aux inquiétudes de ceux qui doutent des résultats concernant l'effet de l'îlot thermique urbain, la faible qualité des stations météorologiques et les risques liés à la sélection des données.

Le groupe Berkeley a étudié environ 40 000 stations météorologiques dans le monde, dont les résultats ont été enregistrés et stockés sous forme numérique.

Selon le chercheur responsable du projet, Robert Rhode, la chaleur urbaine ne contribue pas de manière significative à l'augmentation moyenne des températures sur terre, car les régions urbaines ne représentent que moins de 1 % de la surface de la planète.

Toutefois, deux tiers des stations météorologiques ont enregistré une augmentation des températures au cours des 70 dernières années, alors que seul un tiers des sites, la majorité en Europe et aux Etats-Unis, a enregistré une baisse des températures.

« Le grand nombre de sites enregistrant un refroidissement pourrait en partie expliquer le scepticisme quant au réchauffement climatique », a concédé M. Rhode, ajoutant qu'il était très difficile de mesurer de manière constante les températures sur plusieurs décennies. Il a également précisé que les sites enregistrant un refroidissement pouvaient fournir des données erronées.  C'est la raison pour laquelle il faut des centaines de stations météorologiques pour détecter et mesurer un réchauffement global. Ce travail a été réalisé par les scientifiques de l'université de Californie.

Les migrants et réfugiés climatiques

Alors que les scientifiques tentent de prouver que les températures grimpent, une étude du gouvernement britannique publiée hier (20 octobre) a révélé que des millions de personnes quitteraient les zones où elles se sentent menacées par le changement climatique, ce qui affectera grandement les tendances migratoires dans les 50-60 années à venir.

Elaboré par le groupe de réflexion Foresight qui conseille le gouvernement britannique, ce rapport explore la relation complexe entre les migrations humaines et le changement climatique. Le groupe affirme que cette question doit devenir une priorité des programmes nationaux et internationaux.

Cette étude, intitulée « Migration and Global Environmental Change » affirme que toute tentative de blocage de ces migrations résultera en une augmentation de la pauvreté, et à terme en des mouvements de masse non gérables.