Union européenne : le président biélorusse ne mâche pas ses mots

Dans une interview au Figaro, le président biélorusse Alexandre Loukachenko revient sur les relations entre son pays, considéré comme la dernière dictature d’Europe, et l’Union européenne. C’est son premier entretien avec la presse française depuis cinq ans.

EURACTIV.fr

Dans une interview au Figaro, le président biélorusse Alexandre Loukachenko revient sur les relations entre son pays, considéré comme la dernière dictature d’Europe, et l’Union européenne. C’est son premier entretien avec la presse française depuis cinq ans.

EN BREF :

Dans une interview publiée dans le Figaro du mardi 30 novembre, le président biélorusse Alexandre Loukachenko souligne les relations difficiles entre son pays et l’UE. « Nous sommes plus que déçus par son attitude », fait-il savoir. Pour lui, la détérioration des relations n’est pas de la responsabilité des Biélorusses. « Posez la question à l’Union européenne, pas à nous. Nous faisons tout pour avoir des relations normales avec nos voisins ».

Selon le président, la politique de l’UE, qui consiste à mettre sans arrêt son pays sous tension, à imposer des conditions, à le pousser à commettre des actions auxquelles il n’est pas prêt « ne rencontrera jamais notre assentiment ».

Pas d’adhésion

Pour M. Loukachenko, l’intégration de la Biélorussie à l’UE n’est pas à l’ordre du jour. « Ce problème n’est même pas étudié. Il n’y a aucune raison objective pour cela ». Le président reproche à l’UE d’être trop préoccupée par ses problèmes financiers. « C’est l’une des raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas nouer une coopération intense et mutuellement avantageuse. Alors que la Biélorussie figure au centre de l’Europe, nous ne sommes pas sa priorité et c’est une grave erreur », prévient-il.

Le président revient également sur les sanctions que lui impose l’UE pour non respect des règles démocratiques. « L’Europe elle-même juge ces sanctions contre-productives, ce qui ne l’empêche pas de les appliquer. En fait, je pense que l’UE a besoin de temps pour résoudre ce dilemme et pouvoir garder la face ».