Ursula von der Leyen face à une motion de censure la semaine prochaine

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fera face à une motion de censure au Parlement européen le 10 juillet, une initiative de l’eurodéputé d’extrême droite roumain Gheorghe Piperea.

EURACTIV.com
EU Commission president nominee Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fera face à une motion de censure au Parlement européen le 10 juillet.

Cette initiative, menée par Gheorghe Piperea, membre de l’Alliance pour l’unité de la Roumanie (AUR, Conservateurs et Réformistes européens/CRE), a été officiellement déposée la semaine dernière et avait initialement recueilli 74 signatures.

Par la suite, plusieurs eurodéputés ont retiré leur signature. Malgré ces défections, Gheorghe Piperea a annoncé mercredi 2 juillet que la motion avait tout de même recueilli un total de 79 signatures, soit un peu plus que le seuil requis pour déclencher un vote au Parlement européen.

Les griefs de l’eurodeputé roumain portent notamment sur l’opacité d’Ursula von der Leyen dans l’affaire des SMS échangés avec le PDG de Pfizer, Albert Bourla, pendant les négociations sur les vaccins anti-Covid. Cette controverse a par ailleurs été à l’origine de plusieurs plaintes — dont celle du New York Times, qui a cherché à obtenir l’accès aux messages sans succès, ou encore celles d’un lobbyiste belge.

Gheorghe Piperea accuse également la Commission d’ingérences dans l’élection présidentielle en Roumanie, rapporte l’AFP. En mai, le candidat nationaliste à la présidentielle, George Simion, avait perdu face au pro-européen Nicușor Dan. Le candidat malheureux avait ensuite tenté, en vain, un recours devant la Cour constitutionnelle roumaine en invoquant des « ingérences extérieures » de la France et de la Moldavie.

Une source parlementaire a confirmé à Euractiv que la présidente du Parlement, Roberta Metsola, avait informé la Conférence des présidents — l’organe qui fixe l’ordre du jour de l’institution — que la motion remplissait toutes les conditions requises par l’article 131 du règlement intérieur du Parlement.

La motion sera débattue lundi 7 juillet, avant d’être soumise à un vote jeudi lors de la plénière à Strasbourg.

L’initiative a peu de chances d’aboutir. Même le groupe parlementaire de Gheorghe Piperea a pris ses distances avec lui, un porte-parole des CRE ayant assuré à Euractiv qu’il ne s’agissait pas d’une initiative du groupe.

Pour être adoptée, une motion de censure doit recueillir à la fois les deux tiers des suffrages exprimés et la majorité absolue des membres du Parlement européen, soit au moins 361 voix.

Un tel scénario ne s’est encore jamais concrétisé. Le cas le plus marquant de vote de censure remonte à 1999, rappelle l’AFP, lorsque la Commission européenne, alors dirigée par le Luxembourgeois Jacques Santer, avait choisi de démissionner avant même le vote, après la publication d’un rapport pointant sa responsabilité dans plusieurs affaires de fraude.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]