Van Rompuy réunit sa «task force » économique en pleine tourmente

Le groupe de travail sur le renforcement de la gouvernance économique rendra un rapport intermédiaire aux dirigeants européens, à l’occasion du Conseil européen de printemps.

EURACTIV.fr
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Le groupe de travail sur le renforcement de la gouvernance économique rendra un rapport intermédiaire aux dirigeants européens, à l’occasion du Conseil européen de printemps.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy réunit à Luxembourg, lundi 7 juin au soir, son groupe de travail (« task force ») sur le renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union.

Cette rencontre intervient en plein débat sur la notion de «gouvernement économique». Mercredi 3 juin, en marge d’une conférence sur l’investissement européen à La Baule, le président du Conseil européen s’est en effet déclaré favorable à la création d’une telle instance. «Nous avons besoin d’un gouvernement économique fort au sein de la zone euro», a-t-il dit. Des sources de la présidence relayées par la presse ont affirmé qu’en cas de constitution d’un tel gouvernement, c’est Herman Van Rompuy qui en prendrait la présidence.

Le Belge semble donc pencher en faveur d’une proposition défendue de longue date par la France. Le 3 juin, à Paris, la ministre de l’Économie Christine Lagarde a d’ailleurs déclaré que la mise en place d’un «mécanisme de gouvernement économique» permettrait à la zone euro d’être «une véritable zone économique et monétaire». 

Le même jour, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le président de la Commission a pris l’exact contre-pied de l’ancien premier ministre belge. «On ne renforcera pas le pacte de stabilité et de croissance en diminuant la crédibilité des institutions communautaires et la méthode communautaire», a-t-il déclaré. Il a estimé que de nouvelles institutions «ne feraient qu’instaurer une nouvelle confusion». 

Plus proche de la position de José Manuel Barroso, l’Allemagne est, elle aussi, traditionnellement sceptique quant à l’idée d’un gouvernement économique.

Ajustement budgétaire

Pour l’économiste Nicolas Véron, les désaccords entre les Européens s’expliquent notamment par le flou qui entoure la notion de «gouvernement économique». 

Il estime que l’action du groupe piloté par Herman Van Rompuy doit se lire en deux temps. «D’une part, il faut convaincre les marchés que ce groupe a un sens. Mais d’un autre côté, il n’est pas nécessaire de définir le cadre budgétaire des 20 prochaines années dans la semaine à venir», analyse-t-il.

«Je ne m’attends pas à des progrès marquants dans un avenir proche», poursuit-il, en ajoutant que les mesures prises à court terme concernaient surtout les «mesures d’ajustement budgétaire» actuellement en cours d’instauration dans de nombreux pays d’Europe. «Ces mesures ne dépendent en rien du groupe de Van Rompuy», juge-t-il.

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, s’était déclaré, le 31 mai, en faveur d’une «fédération budgétaire». Une déclaration qui avait suscité la colère de certains parlementaires français.

Devant l’ampleur de la crise, l’ancien premier ministre belge veut, semble-t-il, accélérer les travaux de son groupe de travail, afin d’en présenter les grandes lignes aux dirigeants européens, lors de leur sommet de printemps, les 17 et 18 juin à Bruxelles.

Le groupe rendra ses conclusions définitives en octobre. En attendant, d’autres réunions sont prévues en juillet, puis en septembre et octobre. 

Les ministres des finances de l’Eurogroupe se réuniront avant le groupe de travail présidé par Herman Van Rompuy. Ils devraient arrêter les derniers détails du mécanisme européen de stabilisation, qui prévoit la mobilisation de 750 milliards d’euros pour garantir un éventuel État au bord de la faillite.