Véhicules électriques : l'UE et la Chine à l'aube d'une guerre commerciale

Les relations entre l’UE et la Chine risquent d’empirer si « les affrontements» actuels sur les droits de douane se transforment en une approche inflexible de la part des deux blocs, selon des experts européens et chinois.

Euractiv.com
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Alors que les dirigeants européens ont ciblé ce qu’ils considèrent comme une distorsion de concurrence créée sur le marché mondial des Véhicules électriques par les subventions chinoises, les responsables chinois ont dénoncé les nouvelles mesures comme étant protectionnistes et peut-être contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une accusation à laquelle la Commission a répondu vendredi (14 juin). [EPA-EFE/GONZALO FUENTES / POOL MAXPPP OUT]

Les relations entre l’UE et la Chine risquent d’empirer si « les affrontements» actuels sur les droits de douane se transforment en une approche inflexible de la part des deux blocs, ont affirmé des experts européens et chinois lors d’un événement organisé à Bruxelles mardi (18 juin).

Fabian Zuleeg, directeur général et économiste en chef de l’European Policy Centre (EPC), a expliqué lors d’un événement organisé par l’EPC que, outre un manque de « confiance» mutuelle, Bruxelles et Pékin partagent des « opinions» très différentes concernant la légitimité des droits de douane provisoires annoncés la semaine dernière par la Commission européenne sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.

Alors que les dirigeants européens ont ciblé ce qu’ils considèrent comme une distorsion de concurrence sur le marché mondial des véhicules électriques causée par les subventions chinoises, les responsables chinois ont dénoncé les nouvelles mesures comme étant protectionnistes et peut-être contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une accusation à laquelle la Commission a répondu vendredi (14 juin).

« Je ne pense pas que quiconque souhaite une guerre commerciale, c’est un exercice extrêmement coûteux pour les deux parties», a expliqué Fabian Zuleeg, « mais le risque d’escalade est présent».

« Nous allons assister à des affrontements au fur et à mesure que nous avançons. La question est de savoir si [la guerre] sera limitée ou si elle sera totale. Nous le verrons dans les prochaines semaines», a-t-il ajouté.

Les commentaires de Fabian Zuleeg interviennent au lendemain de l’annonce de la Chine de lancer sa propre enquête « anti-dumping» sur les exportations de viande de porc européenne, en réponse à la décision de la Commission sur les droits de douane.

Cette mesure toucherait principalement l’Espagne, premier exportateur de viande de porc de l’UE vers la Chine, suivie par les Pays-Bas, la France et le Danemark, ce qui a incité les responsables espagnols à appeler à des solutions et des négociations équilibrées.

La Chine, un « rival systémique » de l’UE

Ling Jin, directrice du département des études européennes de l’Institut chinois des études internationales, confirme les remarques de Fabian Zuleeg sur la dégradation des relations entre l’UE et la Chine.

Ling Jin a souligné que l’UE a officiellement décrit Pékin comme « un partenaire de coopération, un concurrent économique et un rival systémique», et que ce dernier élément devient prédominant. Cela pourrait exacerber des relations déjà tendues, a-t-elle affirmé.

« Le terme [rival systémique] est compliqué. Il nous a beaucoup troublés», a-t-elle déclaré.

« Quelle en est la signification exacte ? Si vous suivez les débats, en particulier ceux des responsables politiques ici, je pense que la définition [de rival systémique] a été élargie à de plus en plus de domaines qui ébranleront fondamentalement les relations entre la Chine et l’UE», a ajouté la directrice.

Huiyao Wang, fondateur et président du Center for China and Globalisation, a accusé l’Europe de faire « deux poids, deux mesures ».

Il a également exhorté les décideurs politiques européens à prendre leurs distances par rapport à la position plus ferme des États-Unis à l’égard de la Chine.

« Je ne pense pas qu’il faille suivre les États-Unis de si près… Nous devrions probablement avoir une pensée plus indépendante », a-t-il indiqué.

La remarque de Huiyao Wang contraste avec celles de Greta Peisch, ancienne conseillère générale du Bureau du Représentant au commerce des États-Unis (USTR), qui a jugé les droits de douane annoncés par l’UE la semaine dernière insuffisants pour protéger l’industrie européenne.

[Édité par Anna Martino]