Volodymyr Zelensky à Washington pour assurer le soutien américain quelle que soit l'issue des présidentielles

À quatre mois des élections présidentielles américaines, Volodymyr Zelensky s’est adressé à des législateurs républicains de premier plan à l’Institut Ronald Reagan, affilié au Parti républicain, à Washington mardi (9 juillet).

Euractiv.com
Visit of the President of Ukraine Wolodymyr Zelensky to Warsaw
« Soyons francs et honnêtes : tout le monde attend maintenant le mois de novembre […] Et en vérité, [le président russe Vladimir] Poutine attend lui aussi le mois de novembre, mais [il le fait en] tuant et en détruisant pour se préparer », a déclaré Volodymyr Zelensky. [EPA-EFE/LESZEK SZYMANSKI ]

À quatre mois des élections présidentielles américaines, Volodymyr Zelensky s’est adressé à des législateurs républicains de premier plan à l’Institut Ronald Reagan, affilié au Parti républicain, à Washington mardi (9 juillet).

Le choix de ce lieu par le président ukrainien a été perçu par beaucoup comme un signe de la volonté de Kiev d’atteindre le plus grand nombre possible de républicains avant le scrutin de novembre.

Étaient notamment présents le chef de la minorité républicaine au Sénat américain, Mitch McConnell, le principal sénateur républicain de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Michael McCaul, et Michael Turner, membre de la commission spéciale sur le renseignement de la Chambre.

Ces deux derniers font partie des républicains qui ont ouvertement soutenu une augmentation de l’aide américaine à l’Ukraine en début d’année, alors que la question de l’aide était dans l’impasse au niveau national car bloquée par les républicains au Sénat.

« Soyons francs et honnêtes : tout le monde attend maintenant le mois de novembre […] Et en vérité, [le président russe Vladimir] Poutine attend lui aussi le mois de novembre, mais [il le fait en] tuant et en détruisant pour se préparer », a déclaré Volodymyr Zelensky.

« Il est temps de sortir de l’ombre, de prendre des décisions fortes, d’agir et de ne pas attendre novembre ou d’autres mois pour se préparer » et prendre des mesures visant à repousser Vladimir Poutine, a-t-il ajouté.

Le discours du président ukrainien peut être vu comme une tentative de minimiser les retombées pour l’Ukraine d’un éventuel retour au pouvoir de Donald Trump.

« J’espère que si le peuple américain élit [l’ancien] président Trump, sa politique à l’égard de l’Ukraine ne changera pas », a en effet ajouté Volodymyr Zelensky mardi.

Dans le cas contraire, « le monde perdra beaucoup de pays » qui « comptent sur l’Amérique », a-t-il mis en garde.

Le chef d’État ukrainien a souligné qu’il avait eu des conversations intéressantes avec Donald Trump lorsqu’il était au pouvoir et a ajouté qu’il était optimiste quant à la possibilité que cela se reproduise si ce dernier revenait à la Maison-Blanche.

Il a toutefois reconnu que ces interactions positives avaient eu lieu avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

Depuis lors, le milliardaire américain a déclaré à plusieurs reprises qu’il pourrait mettre fin à la guerre dès le premier jour de son éventuel second mandat et a menacé à plusieurs reprises de diminuer l’aide à l’Ukraine et de sortir de l’OTAN si les alliés européens ne parvenaient pas à atteindre les objectifs fixés en matière de dépenses de défense.

« J’espère que les États-Unis ne quitteront jamais l’OTAN », a pour sa part déclaré le président ukrainien.

Concernant le fait de savoir qui, entre Joe Biden et Donald Trump, la Russie préférerait voir revenir au pouvoir aux États-Unis, Volodymyr Zelensky est resté prudent, affirmant que si l’actuel président et son prédécesseur « sont très différents […] ils soutiennent [tous deux] la démocratie ».

« Et c’est pourquoi je pense que [Vladimir] Poutine les haïra tous les deux », a soutenu Volodymyr Zelensky.

Ces derniers mois, les responsables ukrainiens se sont efforcés, tant en public qu’en privé, de rester neutres et de ne pas s’impliquer dans la politique intérieure américaine.

Les alliés occidentaux de l’Ukraine ont, quant à eux, tenté de protéger l’aide financière et militaire à Kiev d’un retour de Donald Trump dans différents forums internationaux, du G7 à l’OTAN, avec pour objectif que celle-ci se poursuive quelle que soit l’issue de la course à la Maison-Blanche.

[Édité par Anna Martino]