La coalition allemande remet les réformes de l’UE en route
Avec la fin de l’incertitude politique à Berlin, Angela Merkel va devoir prendre des décisions politiques cruciales. Dont une réforme possible de la zone euro. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.
Avec la fin de l’incertitude politique à Berlin, Angela Merkel va devoir prendre des décisions politiques cruciales. Dont une réforme possible de la zone euro. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.
La reconduction d’une grande coalition, officialisée le week-end dernier, a rassuré les partenaires européens de l’Allemagne. Le 5 mars, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a formellement proposé la réélection d’Angela Merkel au parlement. Le vote aura lieu le 14 mars et permettra de transformer le gouvernement provisoire en administration capable d’agir également au niveau européen. L’Allemagne pourra alors s’atteler à la relance européenne sur laquelle se sont accordés la CDU/CSU et le SPD.
Tant qu’Angela Merkel était chancelière provisoire, toute décision importante concernant l’Europe devait attendre, même si la gestion régulière des procédures législatives continue cependant à Bruxelles, qu’importent les tractations en cours en Allemagne depuis septembre dernier.
La décision de durcir la directive européenne sur les travailleurs détachés aurait par exemple été possible même si le SPD s’était décidé contre le projet de relance européenne, par exemple. Pour les décisions plus influentes et plus politiques, les partenaires européens ont cependant dû attendre que Berlin ait défini sa stratégie. C’est notamment le cas de la réforme de la zone euro.
Bonne nouvelle pour Macron
Le président du Conseil, Donald Tusk, attend des « décisions concrètes » sur le développement de l’union économique et monétaire au sommet des 28 et 29 juin. Si d’ici là le gouvernement allemand n’avait pas été formé, les États membres n’auraient pas pu avancer sur le sujet.
L’accord de coalition allemand est une bonne nouvelle pour le président français, Emmanuel Macron, qui a promis à ses électeurs que la zone euro se doterait d’un budget propre. Nombre d’autres propositions pour le renforcement de la zone ont depuis été discutées publiquement, de la réforme des plans de sauvetage dans le cadre du mécanisme européen de stabilité à un programme d’assurance des dépôts.
Un gouvernement allemand par intérim ne pourrait en effet pas voter de manière contraignante sur ce sujet sensible à Bruxelles. À présent qu’il sera officiellement formé, Angela Merkel peut discuter avec son homologue français au prochain sommet, les 22 et 23 mars, de la direction à donner à la réforme. Des décisions pourront ensuite être prises en juin.
Réforme de l’asile
Autre projet d’ampleur : la révision prévue du système d’asile européen. La chancelière travaille étroitement avec le président du conseil des ministres italien, Paolo Gentiloni, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, pour élaborer un nouveau système qui permettrait de soulager les pays comme la Grèce et l’Italie en temps de crise.
Là encore, une décision devrait être prise fin juin. Et là encore, l’accord de coalition conclu avec le SPD donne à Angela Merkel plus de marge pour négocier au niveau européen.
La question de la répartition des réfugiés lors d’une crise migratoire divise les États membres. Nombre de pays de l’Est, dont la Pologne, y sont opposés.
La fin de l’incertitude permettra également à Berlin de jouer un rôle plus important dans l’accord de Brexit avec le gouvernement britannique. Et il est temps, puisqu’à partir de cet été, les négociations entrent dans le vif du sujet. Elles devraient notamment aborder le futur accord commercial entre le Royaume-Uni et les 27.
Les principes retenus devraient faire l’objet d’une déclaration d’intention d’ici l’automne. Tout comme la France, l’Allemagne est peu disposée à laisser Londres choisir la formule la plus avantageuse pour elle en termes d’accès au marché unique.