Wolf Klinz appelle à un renforcement de la régulation financière

Le président (ADLE) de la toute nouvelle commission spéciale sur la crise a affirmé, dans un entretien accordé à EURACTIV.com, que la mise en place d’un Comité européen des risques systémiques était insuffisante.

Le président (ADLE) de la toute nouvelle commission spéciale sur la crise a affirmé, dans un entretien accordé à EURACTIV.com, que la mise en place d’un Comité européen des risques systémiques était insuffisante.

Comment réglementer les marchés financiers ? La question a été le principal cri de ralliement, lors de l’inauguration au Parlement européen du comité spécial sur la crise financière, le 15 octobre.

« Je ne veux ni d’une Europe-forteresse, ni d’une Europe-prison », estime Wolf Klinz dans un entretien accordé à EURACTIV.com, quelques minutes avant l’inauguration du comité. Les 45 membres du comité ont approuvé à l’unanimité sa nomination en tant que président.

Fidèle à ses convictions politiques, le député du Parti libéral-démocrate (FDP) allemand a pourtant adopté une approche de la régulation favorable aux entreprises, qui ne manquera pas de provoquer des remous parmi les représentants socialistes du comité. Ces derniers se sont montrés particulièrement critiques à l’égard du manque de prudence et de régulation financières.

Actuellement les socialistes représentent, en nombre, le deuxième groupe le plus important du Comité derrière le Parti populaire européen (PEE)  : 12 contre 17 membres.

Le pouvoir du comité sera limité à 12 mois de travail. Il effectuera seulement des recommandations, sans valeur contraignante vis-à-vis des institutions européennes. Le manque d’expérience de certains membres fait également douter de la capacité du Parlement européen à désigner des experts aptes à guider le processus législatif.  L’un d’entre eux a ainsi souligné lors de l’inauguration que le curriculum vitae de certains de ses collègues était un peu léger en la matière.

Cependant « le comité cherchera à élaborer toute une gamme de points de vue, sans se laisser influencer par les soi-disant experts financiers ou représentants d’institutions financières », a declaré Wolf Klintz.

Les bonus et les hedge funds en ligne de mire

La possibilité de réglementer les fonds alternatifs d’investissement et de créer une règle communautaire sur les bonus risque d’être une question délicate.

Le thème de la réglementation des fonds d’équité et des fonds spéculatifs a certainement été l’une des principales défaillances du Parlement européen. Et les discussions sur ce point promettent d’être tendues. Le maire de Londres Boris Johnson a d’ailleurs fait le déplacement jusqu’à Bruxelles en septembre 2009 pour convaincre la Commission et le Parlement de réexaminer la proposition (EURACTIV.com 03/09/09).

« Les bonus posent problème pour les États membres », souligne Wolf Klinz. Cependant « des organes de gouvernance existent déjà  : les assemblées d’actionnaires et les conseils d’administration devraient s’estimer responsables de la mise en place de politiques de rémunération adaptées à leurs entreprises ».

Wolf Klinz a suscité l’étonnement lorsqu’il s’est dit déçu du concept d’encadrement financier adopté par la Commission. « Les propositions actuelles pour un comité européen des risques systémiques et un système européen de surveillance financière sont des versions édulcorées d’un organe de surveillance commun à toute l’UE. Cet organe permettant aux États membres de parler d’une seule voix, aurait été nécessaire dans un marché unique », a dit Wolf Klinz.