Ylva Johansson désignée pour piloter la gestion des réfugiés ukrainiens
Ylva Johansson, ancienne commissaire européenne aux Affaires intérieures, a été nommée envoyée spéciale de l’UE pour les réfugiés ukrainiens mardi 17 juin.
Retrouvez l’interview complète ici (en anglais).
Ylva Johansson, ancienne commissaire européenne aux Affaires intérieures, revient à Bruxelles en tant qu’envoyée spéciale de l’UE pour les réfugiés ukrainiens. Sa nomination, confirmée mardi 17 juin pour un mandat d’un an renouvelable, la place directement sous l’autorité de Magnus Brunner, le nouveau commissaire européen en charge des Migrations.
Ce choix fait sens, puisque c’est Yvla Johansson qui, en 2022, avait activé la directive européenne sur la protection temporaire — restée inactive pendant plus de 20 ans — pour permettre l’accueil rapide de millions de réfugiés fuyant la guerre en Ukraine.
« C’est moi qui ai activé la [directive] au départ. C’est donc une question qui me tient particulièrement à cœur », confie-t-elle à Euractiv.
Le recours à ce mécanisme en 2022 pur les Ukrainiens, non utilisé lors de la crise migratoire de 2015, avait suscité des débats sur un possible double standard. Dans une interview accordée à Euractiv en 2023, Yvla Johansson avait reconnu que la décision de ne pas l’activer en 2015 était « une erreur » — un avis qu’elle réitère aujourd’hui.
Interrogée sur la possibilité de réactiver la directive lors de futures crises, Ylva Johansson se veut optimiste : « J’espère que non. Nous sommes désormais bien mieux préparés à ce type de situation ».
Son nouveau rôle sera de maintenir un équilibre délicat entre la préparation au retour volontaire des Ukrainiens et leur intégration durable au sein de l’Union européenne. Elle sera également l’interlocutrice privilégiée de Bruxelles auprès d’Oleksiy Tchernychov, le nouveau ministre ukrainien de l’Unité et vice-Premier ministre.
Le plan actuel de la Commission européenne prévoit une sortie progressive du régime de protection temporaire. Il inclut notamment la possibilité pour les Ukrainiens d’effectuer des visites dans leur pays pour évaluer si le retour est une option viable, l’accompagnement administratif des réfugiés pour l’obtention d’autres titres de séjour ou statuts, ainsi que la création de « centres d’unité » fournissant informations et conseils.
« Je pense que c’est une bonne stratégie », affirme Yvla Johansson, ajoutant qu’il est « encore trop tôt pour dire si cela fonctionnera ».
Dans cette mission, elle restera en contact étroit avec Kiev, les ministres européens et les États membres. En cas de besoin, elle se réserve la possibilité de formuler des recommandations à Magnus Brunner : « C’est lui qui décidera, mais je peux lui faire part de ce que j’aurai appris ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]