Europe : le voyage en Chine

Comment justifier que les États-Unis et l’UE demandent à la Chine de réévaluer le yuan dans une système où il n’existe plus de règles de bonne conduite en matière de solde courant et taux de change ?Dans une analyse publiée par l’OFCE, Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation, examine le bien fondé des récentes attaques des États-Unis et de l’UE envers la Chine.

Comment justifier que les États-Unis et l’UE demandent à la Chine de réévaluer le yuan dans une système où il n’existe plus de règles de bonne conduite en matière de solde courant et taux de change ?Dans une analyse publiée par l’OFCE, Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation, examine le bien fondé des récentes attaques des États-Unis et de l’UE envers la Chine.

En bref  :

Une délégation européenne composée du commissaire aux affaires économiques et monétaires, du président de l’Eurogroupe, et du président de la BCE, ira à Pékin le 27 novembre pour convaincre la Chine de réévaluer sa monnaie, et plus généralement, de modifier sa politique économique. Comment l’Europe pourrait-elle « faire une leçon de bonne économie » alors que la croissance de la Chine dépasse les 10% par an ? La Chine pourrait renverser la situation en soulevant l’absence de politique de change de l’euro.

De manière plus générale, pour Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation de l’OFCE, et auteur de cette étude, « c’est toute la gouvernance mondiale qu’il faut organiser, non pas contre les PED mais avec eux, et d’abord en leur donnant la place à laquelle ils ont droit au FMI ». Ainsi, les tensions actuelles entre la Chine d’une part et l’UE et les États-Unis d’autre part ne sont qu’une manifestation des méfaits de l’absence de régulation à l’échelle mondiale.

En effet, dans ce système, des PED sont excédentaires, à l’image des pays exportateurs de pétrole, et d’autres se forcent à l’être, comme ceux issus de l’Amérique latine ou de l’Asie, pour ne plus avoir à recourir au FMI et risquer de nouvelles crises comme par le passé. Or, de l’autre coté, les États-Unis ont un déficit de 6,5% du PIB. Ainsi, comme le note Henri Sterdyniak, « la configuration actuelle n’est pas optimale ; les pays mûrs devraient être excédentaires et prêter aux PED, non l’inverse ».

D’après lui, une réorganisation du système monétaire devrait assurer la stabilité des taux de change, mais aussi permettre de financer des investissements productifs dans les PED au moyen de l’épargne mondiale.

Lire l’analyse dans son intégralité.