J. Creel et E. Laurent : « La BCE va-t-elle faire plonger la zone euro » ?
Le refus réitéré par le président de la Banque centrale européenne (BCE) de baisser son taux directeur, contrairement à la FED, nourrit une nouvelle fois les doutes sur l’opportunité de la politique menée par la BCE. Deux économistes de l’OFCE, Jérôme Creel et Eloi Laurent, se sont ainsi interrogés sur les risques que représente cette politique pour la croissance de la zone euro.
Le refus réitéré par le président de la Banque centrale européenne (BCE) de baisser son taux directeur, contrairement à la FED, nourrit une nouvelle fois les doutes sur l’opportunité de la politique menée par la BCE. Deux économistes de l’OFCE, Jérôme Creel et Eloi Laurent, se sont ainsi interrogés sur les risques que représente cette politique pour la croissance de la zone euro.
Les deux économistes de l’OFCE partent du constat qu’un choc financier ne se transforme en crise économique qu’en cas d’erreurs des banque centrales. Ils recensent, dans leur analyse, trois erreurs commises par la BCE et deux incohérences dans la politique qu’elle mène ; autant d’éléments, qui selon eux menacent sérieusement la situation économique de la zone euro.
Selon J. Creel et E. Laurent, contrairement à ce que défend la BCE, le risque d’inflation est beaucoup moins avéré que la perspective de crise économique dans la zone euro, et ne semble pas flamber sous l’effet de l’inflation des matières premières. Par conséquent, le refus de J.C Trichet de baisser les taux d’intérêt, au nom de lutte acharnée contre l’inflation ne paraît pas justifié.
En outre, le raisonnement défendu par la Président de la BCE, est, selon cette étude, illogique à deux égards. La politique monétaire européenne paraît en effet incohérente, dès lors qu’elle estime que « le taux d’intérêt et le taux de change doivent être tous deux mobilisés pour lutter contre l’inflation ».
Aussi, les auteurs de cet article s’étonnent de voir la BCE refuser aux dirigeants nationaux le droit de contester la politique qu’elle mène, au nom de son indépendance, alors même que la banque se permet d’orienter les politiques sociales nationales, s’agissant notamment de la progression des salaires.
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