Andrej Babiš qualifie les auditeurs de la Commission européenne de « mafia » pour avoir confirmé un conflit d'intérêts

Le rapport d'audit final de la Commission européenne concernant les allégations de conflit d'intérêts formulées vendredi (23 avril) à l'encontre du Premier ministre tchèque Andrej Babiš a suscité une vive réaction de la part du Premier ministre lui-même.

EURACTIV République tchèque
Berlin,,Germany,,2018-09-05:,The,Prime,Minister,Of,The,Czech,Republic,
« Il est scandaleux qu’un fonctionnaire de Bruxelles ose interpréter la loi tchèque. C’est inacceptable », a déclaré le Premier ministre Andrej Babiš, ajoutant que « l’audit avait été manipulé ». [<a href="https://www.shutterstock.com/fr/g/photocosmos1" target="_blank" rel="noopener">Shutterstock/photocosmos1</a>]

Le rapport d’audit final de la Commission européenne concernant les allégations de conflit d’intérêts formulées vendredi (23 avril) à l’encontre du Premier ministre tchèque Andrej Babiš a suscité une vive réaction de la part du Premier ministre lui-même.

« Il est scandaleux qu’un fonctionnaire de Bruxelles ose interpréter la loi tchèque. C’est inacceptable », a déclaré le Premier ministre, ajoutant que « l’audit avait été manipulé ».

« L’audit n’apporte rien de nouveau. Il présente des mensonges répétés de la mafia des auditeurs organisée par des informateurs du Parti pirate », a-t-il renchéri. Le Parti pirate, parti d’opposition, est actuellement en tête des sondages d’opinion avant les élections législatives d’octobre, battant le mouvement ANO de M. Babiš pour la première fois depuis les élections de 2017.

Selon le rapport final, la République tchèque devrait restituer les subventions accordées à Agrofert Holding, un géant de l’agrochimie appartenant autrefois à Andrej Babiš, qui avait été contraint de transférer la propriété de la holding à deux fonds fiduciaires en février 2017 pour être en conformité avec la loi tchèque.

Cependant, les auditeurs ont constaté que le Premier ministre contrôlait toujours Agrofert, ce qui signifie que la République tchèque devrait rembourser des subventions d’une valeur de plus de 10 millions d’euros. L’État tchèque réfute les conclusions des auditeurs depuis 2019.

« La République tchèque ne rendra pas d’argent », a affirmé le leader tchèque, ajoutant qu’il n’avait aucune influence sur le versement des subventions européennes. « L’État tchèque doit se défendre », a-t-il indiqué dimanche (25 avril).