Les Pays-Bas soutiennent que la stabilité économique est indispensable pour la défense de l’UE
Le renforcement des budgets pour la défense ne doit pas compromettre la stabilité économique de l’Europe, selon le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans. Une déclaration prudente après une proposition de l’UE visant à assouplir ses règles budgétaires afin d’augmenter les dépenses militaires.
Munich, Allemagne — Le renforcement des budgets pour la défense ne doit pas compromettre la stabilité économique de l’Europe, selon le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans. Une déclaration prudente après une proposition de l’Union européenne (UE) visant à assouplir ses règles budgétaires afin d’augmenter les dépenses militaires.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a en effet proposé en début de semaine dernière d’autoriser les États membres de l’UE à contourner les règles budgétaires de l’Union pour augmenter les dépenses de défense.
« D’un côté, il est important que nous soyons forts sur le plan militaire, mais la seule façon d’être forts sur le plan militaire est que notre économie, nos économies, ainsi que les finances publiques soient fortes », a souligné Ruben Brekelmans, ministre de la Défense néerlandais, à Euractiv en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich samedi.
L’utilisation proposée d’une « clause dérogatoire » dans les règles budgétaires permettrait aux États membres de dépasser la règle du déficit budgétaire inférieur 3 % du PIB et de la dette publique inférieure à 60 % du PIB, sans pénalité, si le dépassement concerne la défense.
Les États européens traditionnellement économes, souvent qualifiés de frugaux — les Pays-Bas en tête — , ont toujours accueilli avec prudence l’assouplissement des règles budgétaires. Une approche que Ruben Brekelmans suggère de maintenir, malgré les appels de plus en plus urgents lancés à l’Europe pour qu’elle renforce ses capacités de défense.
« Je dois examiner les détails de la proposition, je ne les ai pas encore vus », a-t-il expliqué.
Si la Commission peut présenter une proposition, chaque État membre doit ensuite donner son accord pour déclencher cette « clause dérogatoire » — ce qui donne un droit de veto aux Pays-Bas.
L’idée d’une plus grande flexibilité budgétaire a été lancée par des pays tels que la Grèce et l’Italie. Le Premier ministre grec a immédiatement « salué » la proposition d’Ursula von der Leyen vendredi.
Mais les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède s’y opposent, ce qui rend l’approbation très improbable.
Les idées sur la manière d’augmenter les dépenses européennes en matière de défense seront au cœur du Livre blanc sur la défense, qui doit être présenté par la Commission le 19 mars.
Lors de leur retraite sur la défense au début du mois, les dirigeants de l’UE avaient identifié comme première étape une révision des règles budgétaires, le Pacte de stabilité et de croissance. Parmi les autres propositions figure l’emprunt commun, qui pourrait suivre un modèle similaire à celui du fonds de relance post-Covid de l’UE.
L’été dernier, la Commission a estimé que les fonds de défense de l’UE devraient atteindre environ 500 milliards d’euros au cours des dix prochaines années.