À Genève, le blocage des négociations sur la pollution plastique menace un traité historique

À seulement quatre jours de l’échéance, les négociations pour un accord mondial historique sur la pollution plastique piétinent à l'Office des Nations unies à Genève.

EURACTIV with AFP
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Alors qu’il ne reste que quatre jours pour parvenir à un accord mondial historique sur la lutte contre la pollution plastique, les négociations menées à l’Office des Nations unies à Genève restent dans l’impasse.

Après une première semaine sans consensus clair, les diplomates se sont réunis lundi 11 août face à de nombreuses questions en suspens.

« Nous devons accélérer les négociations », a martelé Jessika Roswall, commissaire européenne à l’Environnement, lundi matin. « À quatre jours de l’échéance, il y a plus de crochets dans le texte que de plastique dans la mer. »

Les négociations à Genève font suite à l’échec des discussions de l’an dernier à Busan, en Corée du Sud.

Le projet de texte de 34 pages, destiné à servir de base aux négociations de haut niveau, ne contient pour l’instant que des crochets et autres parenthèses, reflétant les profondes divergences quant à la portée et l’ambition du texte à venir.

Une alliance menée par les États-Unis souhaite que le traité ne porte que sur la pollution plastique, tandis qu’un bloc dirigé par l’Union européenne fait pression pour que des limites soient imposées à la production.

Parallèlement à cela, les projections de l’OCDE révèlent que la production mondiale de plastique pourrait tripler d’ici à 2060.

Des camps rivaux s’affrontent

Le groupe « ambitieux » de l’UE, soutenu par l’Australie, le Canada, la Suisse, le Royaume-Uni, une grande partie de l’Afrique et de l’Amérique latine, ainsi que par les petits États insulaires, cherche à obtenir des mesures contraignantes, telles que l’élimination progressive des produits chimiques les plus dangereux.

Les petits États insulaires « ne resteront pas les bras croisés pendant que notre avenir est bradé dans une impasse », a déclaré dimanche 10 août l’envoyée des Palaos, Ilana Seid, s’exprimant au nom des 39 membres du groupe des petits États insulaires en développement (PEID).

Le groupe « Like-Minded », de mêmes opinions, dirigé par la Russie et les principaux pays pétroliers, s’y oppose. Ils souhaitent en effet que le traité se concentre sur la gestion et le recyclage des déchets. La semaine dernière, les États-Unis se sont alignés sur ce groupe en envoyant un mémo invitant les délégations à supprimer un article faisant référence à la production de plastique.

La lutte pour le consensus

Le traité doit être approuvé par tous les États, mais les observateurs estiment que les pays moins ambitieux sont réticents à faire des compromis.

« Nous risquons d’aboutir à un traité vide de sens sans aucune règle mondiale contraignante comme des interdictions et des réductions progressives », s’inquiète à l’AFP Eirik Lindebjerg, du Fonds mondial pour la nature (WWF).

« Il est illusoire d’espérer un résultat significatif de ce processus par le biais d’un consensus. Dans le temps qui reste, les gouvernements ambitieux doivent se réunir en majorité pour finaliser le texte du traité et se préparer à l’approuver par un vote », a-t-il plaidé.

Le texte a déjà gagné en épaisseur pour inclure près de 1 500 sections entre crochets — cinq fois plus qu’au début des négociations — ce qui rend un accord de plus en plus improbable avant la clôture des négociations jeudi 14 août.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]