À Washington, la réunion manquée entre Giorgia Meloni et Donald Trump

Alors que la Première ministre italienne Giorgia Meloni était la seule dirigeante de l’Union européenne (UE) présente à l’investiture du président Donald Trump, la rencontre privée très attendue entre les deux dirigeants n’a pas eu lieu.

EURACTIV Italie
The Inauguration Of Donald J. Trump As The 47th President
La présence de la responsable politique concorde avec l’objectif déclaré de son parti, Fratelli d’Italia, de positionner l’Italie comme un acteur clé dans les relations transatlantiques. [Saul Loeb-Pool/Getty Images]

ROME — Alors que la Première ministre italienne Giorgia Meloni était la seule dirigeante de l’Union européenne (UE) présente à l’investiture du président Donald Trump, la rencontre privée très attendue entre les deux dirigeants n’a pas eu lieu.

Contrairement à sa visite à Mar-a-Lago le 5 janvier dernier — largement reconnue comme ayant contribué à la libération de la journaliste Cecilia Sala, qui était détenue dans une prison iranienne — ce nouveau déplacement de Giorgia Meloni aux États-Unis n’a pas donné lieu à une rencontre privée avec Donald Trump.

Le vice-président des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), Carlo Fidanza, avait pourtant laissé entendre le contraire.

Les critiques ont noté l’absence de la réunion, mais le secrétaire général du parti CRE, Antonio Giordano — présent à Washington avec Giorgia Meloni — a minimisé l’importance de cette entrevue. Il a rappelé que la Première ministre italienne avait déjà passé quatre heures avec Donald Trump dans une réunion qui a eu un résultat positif.

La présence de la responsable politique concorde avec l’objectif déclaré de son parti, Fratelli d’Italia (CRE), de positionner l’Italie comme un acteur clé dans les relations transatlantiques. Antonio Giordano a souligné que Giorgia Meloni, parfois considérée comme une interlocutrice naturelle de Donald Trump, était désormais « clairement reconnue et accréditée en tant que dirigeante d’une nation amie et figure centrale dans la dynamique États-Unis-UE ».

Néanmoins, le scepticisme persiste.

Carlo Calenda, chef de file d’Azione (Renew Europe), est convaincu que Giorgia Meloni tentera de se positionner en tant que vassale de Donald Trump en Europe afin d’empêcher l’imposition de droits de douane sur le parmesan (Parmigiano Reggiano).

Angelo Bonelli de l’Alliance des Verts et de la Gauche a exprimé des préoccupations similaires. « Quel message l’Italie envoie-t-elle ? Sommes-nous en train de nous éloigner de l’Europe au profit d’une nostalgie souverainiste et d’alliances qui divisent ? »

L’ancien Premier ministre italien et président de la Commission européenne, Romano Prodi, s’est montré tout aussi critique, suggérant que les actions de la Première ministre signalent un succès à court terme, mais risquent d’avoir des répercussions à long terme.

Il a ajouté que Donald Trump ne s’engageait qu’avec des gouvernements de droite « entièrement obéissants » et a mis en garde contre des tensions accrues avec les institutions de l’UE si l’Italie essayait de monopoliser les relations avec les États-Unis.

[AB]