Accord trouvé entre le gouvernement et les distributeurs pour un « trimestre anti-inflation »

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé qu’un accord a été trouvé avec la grande distribution pour réduire la tendance inflationniste sur des produits du quotidien, tout en mettant en garde les industriels.

Euractiv France
French Minister for Economy Bruno Le Maire visits Rome
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à Rome, le 3 mars dernier. [ EPA-EFE/ETTORE FERRARI]

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé qu’un accord a été trouvé avec la grande distribution pour réduire la tendance inflationniste sur des produits du quotidien, tout en mettant en garde les industriels.

Le gouvernement a annoncé lundi (6 mars) son plan pour lutter contre l’inflation, qui a atteint, en France, 14,5 % sur les produits alimentaires en janvier 2023 selon les données de l’Insee.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a donc lancé, à l’issue d’une réunion avec les distributeurs, un « trimestre anti-inflation », au cours duquel les Français devraient pouvoir trouver, dans les supermarchés, « les plus bas possibles sur un certain nombre de prix du quotidien ».

Le coût de cette mesure sera notamment endossé par les distributeurs, qui devraient réduire leurs marges de « plusieurs centaines de millions d’euros », selon les calculs du ministre.

Or, le ministère n’a pas l’intention d’imposer une liste de produits ou de diriger les choix des distributeurs, qui choisiront « librement » quelles seront les marchandises concernées et surtout le prix pratiqué. « Je crois à la liberté de commerce, on ne va pas fixer les prix. […] Nous nous assurerons simplement que les engagements pris par les distributeurs seront respectés », a expliqué le ministre. Des contrôles seront effectués par la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Le patron du groupe Carrefour Alexandre Bompard a déclaré que ces contractions de marges interviendraient « principalement sur [les] marques distributeurs, puisque ce sont sur ces marques-là que nous avons le plus de latitude ».

L’opération se déroulera jusqu’en juin, lorsque «nous demanderons aux grands industriels de renégocier leurs prix avec la distribution » a détaillé Bruno Le Maire, qui ne veut « pas attendre la fin 2023 pour que la baisse des prix de gros se répercute sur les produits de détail. »

Pour favoriser la « transparence totale » dans les négociations sur les prix, le ministre de l’Économie a annoncé qu’il ferait publier de manière trimestrielle « le rapport l’inspection générale des finances sur les marges des producteurs, des distributeurs et des agriculteurs », « pour que chacun puisse se faire son opinion » et pour « prendre les décisions en toute transparence et […] avoir les éléments les plus objectifs possibles ».

Lundi dernier (27 février), le président-directeur général du réseau Système U alertait sur une hausse supplémentaire des prix « d’environ 10 % » sur le premier semestre 2023, en plus de l’inflation déjà constatée. M. Schelcher pointait notamment l’attitude des industriels, qui auraient manqué de transparence dans les négociations avec les distributeurs.

Selon lui, « il y a une recherche d’effet d’aubaine d’un certain nombre d’acteurs » de l’industrie, alors que le prix de nombre de matières premières, dont le beurre, l’acier, l’aluminium, les emballages, les transports, est en baisse.

Enfin, le ministre de l’Économie a annoncé qu’« il y aura un chèque alimentaire pour les plus modestes ». Cette mesure est régulièrement évoquée depuis au moins un an et demi, sans être mise en œuvre pour autant. En attendant sa concrétisation, « une expérimentation sera lancée […] dans les prochains mois », a déclaré le ministre sans plus de précisions.