Angela Merkel met en garde la Grèce et prévoit d'adopter la taxe Tobin
La chancelière allemande, Angela Merkel, a prévenu hier (9 janvier) que la Grèce devrait réaliser d'importants progrès dans le cadre de son second renflouement avant de pouvoir recevoir des aides européennes supplémentaires. Il s'agit notamment pour la Grèce de réduire sa dette publique détenue par des créditeurs privés.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a prévenu hier (9 janvier) que la Grèce devrait réaliser d'importants progrès dans le cadre de son second renflouement avant de pouvoir recevoir des aides européennes supplémentaires. Il s'agit notamment pour la Grèce de réduire sa dette publique détenue par des créditeurs privés.
Elle a prononcé cet avertissement à Berlin lors d'une réunion bilatérale avec le président français, Nicolas Sarkozy. Mme Merkel a également déclaré que les ministres européens des finances devraient élaborer des propositions pour l'instauration d'une taxe sur les transactions financières d'ici au mois de mars, et ce malgré la promesse de la Grande-Bretagne de bloquer toute tentative en ce sens à l'échelle de l'Union européenne.
« La restructuration volontaire de la dette grecque doit avancer », a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse aux côtés de M. Sarkozy.
Pas de plan, pas d'aide
« Il faut que le deuxième programme en faveur de la Grèce, restructuration comprise, soit rapidement mis en oeuvre, faute de quoi il ne serait pas possible de débloquer la tranche à venir pour la Grèce. »
Mme Merkel a affirmé qu'elle aborderait le cas de la Grèce avec la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde. Les deux femmes devraient se retrouver à Berlin mardi.
Des banques, des assureurs et des fonds d'investissement négocient avec le gouvernement grec depuis des semaines sur un système d'échange d'obligations visant à réduire son ratio dette/PIB de 160 % actuellement à 120 %.
Mme Merkel a par ailleurs soutenu la proposition de M. Sarkozy pour l'introduction d'une taxe sur les transactions financières au sein de la zone euro si l'UE ne parvenait pas à se mettre d'accord.
Le G20 a abandonné l'idée d'une telle taxe en raison de l'opposition des Etats-Unis, de la Chine et de la Grande-Bretagne, entre autres.
La Grande-Bretagne isolée
La Grande-Bretagne affirme qu'elle opposera son veto à une taxe sur les transactions financières à l'échelle de l'UE à moins que l'initiative soit prise au niveau mondial. Elle craint en effet que la City de Londres ne souffre d'une telle mesure. Il se pourrait bien que cette question fasse débat et divise les dirigeants lors du prochain sommet prévu le 30 janvier.
Sans le soutien de la Grande-Bretagne, une taxe à l'échelle de l'UE est inimaginable. Un plus petit groupe de pays pourrait toutefois très bien décider d'introduire sa propre taxe.
La zone euro reste cependant divisée. L'Irlande, notamment, souhaiterait que la taxe soit appliquée dans les 27 pays de l'Union ou qu'elle soit abandonnée. Dublin s'est développé dans l'ombre de Londres comme un important centre de gestion de fonds en Europe et la promotion de ce secteur est une priorité pour le gouvernement dans le sillage du krach bancaire irlandais.
M. Sarkozy a promis la semaine dernière que la France adopterait cette taxe unilatéralement si les autres pays européens s'y refusaient. Il a déclaré à la presse à Berlin : « Si nous ne montrons pas l'exemple, ça ne se fera pas. »
« L’idée de la France, c’est tout simplement d’appliquer le projet de directive sur la création d’une taxe sur les transactions financières tel qu’il est prévu par la Commission, ne doutant pas ainsi que nous engagerons un mouvement dans la zone euro pour que chacun se dote de cette taxe fort opportune. »
Le président de la banque centrale suisse démissionne
Au cours de la réunion entre M. Sarkozy et Mme Merkel, le président de la Banque nationale suisse, Philipp Hildebrand, a démissionné.
Il a pris cette décision suite au scandale qui a frappé son épouse, Kashya Hildebrand, qui a converti 400 000 francs suisses en dollars, trois semaines avant que la banque centrale n'intervienne pour limiter la hausse du franc.