Asphyxiée, la Grèce attend un geste des créanciers privés

L’effort financier des créanciers privés tarde à se concrétiser, compromettant sérieusement la capacité d’Athènes à rembourser ses dettes.

EURACTIV.fr

L’effort financier des créanciers privés tarde à se concrétiser, compromettant sérieusement la capacité d’Athènes à rembourser ses dettes.

La participation des créanciers privés au sauvetage de la Grèce a été mis sur la table une première fois le 21 juillet, puis le 26 octobre, chaque sommet de crise débouchant sur révision à la hausse des pertes (21% puis 50%).

Près de six mois se sont écoulés, sans que les bailleurs (banques, fonds privés…) ne fassent la preuve de leur volonté de coopérer. Résultat, le patient grec est toujours fébrile et bien incapable de rembourser les 14,5 milliards d’euros de dette arrivant à échéance le 20 mars prochain.

En visite à Berlin le 10 janvier, la directrice générale du FMI Christine Lagarde aurait lancé un avertissement, dont la presse allemande s’est faite l’écho. Pour garder la tête hors de l’eau, la Grèce aurait besoin de « dizaines de milliards » d’euros supplémentaires.

Selon une source gouvernementale allemande, citée par le Handelsblatt, Angela Merkel et Christine Lagarde tiennent à finaliser le plan de participation du secteur privé au plus vite, quitte à ce qu’il soit moins ambitieux que prévu.

Sauve qui peut

Le FMI et la chancellerie allemande avaient jusqu’ici été les principaux chantres de l’association des banques, manœuvrant contre les mises en garde de la BCE et de la France.

Les divergences sont loin de s’être évanouies  : la semaine dernière, Athanasios Orphanides, membre chypriote du conseil des gouverneurs de la BCE a estimé publiquement que la participation des banques devait être abandonnée une bonne fois pour toutes.

La philosophie du « sauve qui peut » semble interférer dans les négociations entre les acteurs privés. Les hedge funds tentent par exemple de se soustraire à l’échange de titres, lequel permet à la Grèce de rembourser à plus long terme des obligations dont la valeur est diminuée de moitié.

Selon Reuters, “ces fonds spéculatifs préfèrent soit une faillite de la Grèce, qui déclencherait le versement des assurances qu’ils ont souscrites, soit recouvrer totalement leur mise si suffisamment d’autres contributeurs privés acceptent d’amputer la leur”.

Le sentiment d’urgence gouverne donc toujours la zone euro. Charles Dallara, directeur général de l’Institut de la finance internationale (Ifi), le lobby bancaire qui représente les créanciers dans les négociations avec la Grèce, se rend aujourd’hui à Athènes pour rencontrer des responsables grecs.

A ce rythme, le sujet pourrait bien être à l’agenda du prochain sommet, programmé à la fin du mois.