Assistants d'eurodéputés MoDem : un ex-directeur de cabinet de François Bayrou à la barre
Stéphane Therou, ancien directeur de cabinet de François Bayrou, a été interrogé lundi (23 octobre) à Paris au procès de l'affaire des assistants parlementaires du MoDem, soupçonné d'avoir été le collaborateur d'une eurodéputée en travaillant en réalité au profit de son parti politique.
Stéphane Therou, ancien directeur de cabinet de François Bayrou, a été interrogé lundi (23 octobre) à Paris au procès de l’affaire des assistants parlementaires du MoDem, soupçonné d’avoir été le collaborateur d’une eurodéputée en travaillant en réalité au profit de son parti politique.
Jusqu’au 15 novembre, François Bayrou et dix cadres ou élus centristes sont jugés au tribunal correctionnel de Paris, suspectés d’avoir rémunéré grâce à des fonds européens, entre 2005 et 2017, des assistants parlementaires qui travaillaient en fait pour l’UDF, puis le MoDem.
Stéphane Therou, 55 ans, est lui poursuivi pour abus de confiance entre juillet 2014 et février 2015, quand il était officiellement l’assistant au Parlement européen de Sylvie Goulard, pour une rémunération totale de 43 738 euros net.
De 2009 à 2014, M. Therou travaillait déjà pour Mme Goulard. Il aspirait à d’autres horizons professionnels et l’eurodéputée avait accepté de renouveler son contrat le temps qu’il trouve un nouvel emploi.
D’autant qu’elle avait « encore besoin de moi », a assuré le prévenu, niant un geste de complaisance de la part de son employeure.
Dès la mi-janvier 2015, Stéphane Therou est devenu directeur de cabinet de François Bayrou à la mairie de Pau, poste qu’il a occupé jusqu’en 2020.
Sur la période du contrat en cause, le Parlement européen a estimé que M. Therou n’avait « pas travaillé de manière régulière » ni « exercé les tâches demandées », a rappelé le président du tribunal.
Sa mission principale, la préparation des comptes de campagne des Européennes de 2014, était non éligible au remboursement par le Parlement européen.
Stéphane Therou dit qu’il l’ignorait. Pour son avocat, Me Jean-Christophe Boyer, il ne peut donc être question d’abus de confiance.
« J’ai fait le boulot demandé, et j’ai construit le réseau ! », a argué à la barre M. Therou, faisant référence à une autre mission donnée par Mme Goulard, la gestion des correspondants locaux du MoDem.
S’il existe peu de traces écrites de ce travail, c’est en partie, car M. Therou envoyait ses mails depuis l’adresse de l’eurodéputée, dont la boîte était nettoyée tous les trois mois, a affirmé Mme Boyer.
Au regard d’éléments recueillis notamment dans les ordinateurs de M. Therou — des mails montrant par exemple son investissement dans les élections internes du parti —, l’accusation a déduit qu’il avait profité du manque de vigilance de Mme Goulard pour assumer en parallèle un « positionnement fort » au sein du MoDem.