Au Parlement européen, l’Allemagne dispose de 18 % des postes de coordinateurs des commissions

Avec 96 eurodéputés, les Allemands sont la délégation nationale la plus importante du Parlement européen, et ils disposent de 36 coordinateurs au sein des différentes commissions parlementaires.

EURACTIV.com
European Parliament’s plenary session in Strasbourg
Le Parlement européen compte 24 commissions, au sein desquelles chaque groupe politique choisit un membre pour organiser et négocier les textes législatifs en son nom : un coordinateur. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Avec 96 eurodéputés, les Allemands sont la délégation nationale la plus importante du Parlement européen, et ils disposent de 36 coordinateurs au sein des différentes commissions parlementaires.

Le Parlement compte 24 commissions, au sein desquelles chaque groupe politique choisit l’un de ses membres pour négocier les textes législatifs : les coordinateurs, qui sont essentiels à l’élaboration des législations de l’Union européenne (UE), plus encore que les présidents ou les vice-présidents des commissions, puisqu’ils sont chargés d’orienter les textes et de négocier des compromis.

Le Parlement n’a pas encore publié la liste officielle de ces coordinateurs pour la législature 2024-2029.

Selon les informations d’Euractiv, les Allemands seraient la délégation nationale disposant du plus grand nombre de coordinateurs au sein des différentes commissions parlementaires.

L’Allemagne dispose de la plus grande délégation nationale au Parlement européen, composée de 96 eurodéputés. Parmi ces derniers, ils seraient 36 à avoir obtenu un poste de coordinateur, sur les 192 postes disponibles.

Deux Allemands sont les coordinateurs des deux plus grands groupes politiques de la commission de l’Environnement (ENVI) : Peter Liese, du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, et Tiemo Wölken, du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D).

Beaucoup de coordinateurs allemands sont issus du PPE. Dans huit des 24 commissions, c’est un Allemand qui dirige l’équipe du PPE, y compris dans la très convoitée commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie (ITRE), avec l’eurodéputé Christian Ehler.

Formation de coalitions à l’allemande

La formation de coalitions au sein du Parlement européen sera donc fortement dictée par les eurodéputés allemands et ces derniers seront essentiels pour aplanir les divergences politiques et faire passer les textes législatifs.

Dans le nouveau Parlement, la coalition composée du PPE, des S&D et de Renew (libéraux) est cependant moins importante qu’il y a cinq ans. Au sein de cette dernière, 14 coordinateurs sont allemands.

Si l’on ajoute le groupe des Verts, dont les voix ont permis à Ursula von der Leyen d’obtenir un second mandat à la tête de la Commission, ils sont 22.

Mais si le PPE devait se tourner vers le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) pour faire voter des textes, certains autres pays pourraient prendre de l’importance, comme la France, l’Espagne et l’Italie, qui comptent chacun dix coordinateurs ou plus.

 

Certaines commissions ont des configurations spécifiques. Par exemple, quatre des huit groupes politiques de la commission de l’Agriculture (AGRI) ont élu des Italiens, qui représentent ensemble 64 de ses 94 membres.

Malgré leur nombre, les Allemands sont aussi loin d’être proportionnellement les mieux représentés. La moitié des 22 eurodéputés belges occupent des postes de coordinateurs. C’est notamment le cas de Hilde Vautmans, qui dirige les travaux de Renew au sein de l’influente commission des Affaires étrangères (AFET).

À l’autre bout du spectre politique, seule une Danoise, Kira Maria Peter-Hansen (Verts/ALE), a obtenu un poste de coordinateur sur les 15 députés de ce pays. Les deux plus petites délégations, Malte et Chypre, ne disposent d’aucun coordinateur.

La liste complète des 196 coordinateurs et vice-coordinateurs élus peut être trouvée ci-dessous. Au moment de la rédaction de cet article, le groupe de La Gauche n’a pas encore annoncé son coordinateur au sein de la commission des Pétitions (PETI).

[Édité par Anne-Sophie Gayet & Laurent Geslin]