Au Parlement européen, les écologistes français demandent à la Commission d’empêcher la destruction de contraceptifs financés par l’USAID

La délégation française du groupe Verts/ALE a exhorté la Commission européenne à bloquer la destruction prévue de 10 millions d’euros de contraceptifs financés par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

EURACTIV.com
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Mélissa Camara, eurodéputée française du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.

Dans une lettre publiée cette semaine, la délégation française du groupe des Verts au Parlement européen, menée par la députée européenne Mélissa Camara, appelle l’exécutif de l’UE à lancer d’urgence une « initiative diplomatique conjointe » afin de suspendre la destruction prévue des contraceptifs inutilisés. Ceux-ci sont actuellement stockés à Geel, en Belgique, et doivent être transportés vers une décharge à Fos-sur-Mer, en France.

L’administration Trump, qui a démantelé l’USAID au début de l’année, aurait ordonné l’incinération de ces contraceptifs, pourtant encore utilisables.

« Cette décision est terriblement scandaleuse, inhumaine et absurde », a commenté Mélissa Camara pour Euractiv.

La lettre, adressée à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et aux commissaires Oliver Várhelyi (Santé), Jozef Síkela (Partenariats internationaux) et Hadja Lahbib (Égalité), exhorte le Berldaymont à servir de médiateur auprès des ONG disposées à livrer les produits aux pays qui en ont besoin.

Plusieurs ONG auraient proposé d’acheter le stock ces dernières semaines, mais aucun accord n’a été trouvé. L’administration américaine semble prête à procéder à l’incinération, dont le coût est estimé à 150 000 euros, plutôt que d’approuver la revente ou le don.

Les eurodéputés écologistes ont également lancé un appel plus large en faveur d’un « soutien politique explicite aux organisations humanitaires prêtes à redistribuer ces contraceptifs », malgré les relations qui se sont détériorées entre la Commission et les ONG à la suite des récentes réductions de financement.

« L’Union européenne se voit en figure de proue de la protection de la santé sexuelle et génésique. Nous ne pouvons laisser l’agenda anti-choix de Donald Trump se déployer », a déclaré Mélissa Camara.

Les législateurs ont également demandé aux services juridiques de la Commission d’évaluer la légalité de la destruction de ces produits médicaux sur le sol de l’UE au regard de la législation européenne, invoquant les engagements de l’Union en matière de développement durable et d’égalité des sexes.

« L’Union européenne ne peut se rendre complice, même indirectement, de politiques régressives, ni tolérer la destruction de ressources médicales vitales qui pourraient sauver des vies », conclut la lettre.

La Commission a déclaré avoir reçu la lettre et suivre la situation.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]