Automobile : le commissaire au Commerce met en garde face à l’avance technologique des constructeurs chinois
Les constructeurs automobiles chinois disposent actuellement de multiples « avantages technologiques » par rapport à leurs homologues européens, a déclaré le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, devant les eurodéputés mardi 8 octobre.
Les constructeurs automobiles chinois disposent actuellement de multiples « avantages technologiques » par rapport à leurs homologues européens, a déclaré le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, devant les eurodéputés mardi 8 octobre.
« Alors que l’industrie européenne fait preuve d’excellence technologique dans de nombreux domaines, les constructeurs automobiles chinois bénéficient d’avantages technologiques en matière de batteries, de logiciels, de systèmes d’infodivertissement et de temps de développement », a déclaré Valdis Dombrovskis mardi en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg.
Le commissaire letton a attribué les faibles performances des constructeurs automobiles européens en partie à l’impact « préjudiciable » des subventions publiques accordées par Pékin, ainsi qu’aux coûts inférieurs en matière d’énergie, de main-d’œuvre et de matières premières observés en Chine.
Il a également souligné que l’Union européenne (UE) devait « redoubler d’efforts » pour s’assurer que son secteur automobile reste compétitif au niveau mondial.
« Nous voulons maintenir une base de production automobile forte dans l’UE ainsi qu’une souveraineté technologique en ce qui concerne les nouvelles technologies automobiles », a affirmé Valdis Dombrovskis.
Ses commentaires interviennent dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre Bruxelles et Pékin et d’inquiétudes profondes quant à l’avenir de l’industrie automobile européenne, en particulier en Allemagne, où le secteur automobile constitue un élément clé de l’ensemble de la base manufacturière du pays.
Lundi 7 octobre, l’Office fédéral des statistiques (Destatis) a indiqué que les ventes de voitures allemandes avaient chuté de 4,7 % au cours du premier semestre de cette année par rapport à la même période en 2023, passant de 282,6 milliards d’euros à 269,5 milliards d’euros.
Les remarques du commissaire interviennent également quelques jours après que les États membres ont approuvé les droits de douane supplémentaires proposés par la Commission européenne pour les importations de véhicules fabriqués en Chine. Une surtaxe allant jusqu’à 35,3 % pour les producteurs chinois de véhicules électriques tels que BYD, Geely et SAIC.
Cette mesure a été approuvée par l’UE malgré une décision de dernière minute de l’Allemagne de s’opposer aux droits de douane.
Lors de la plénière du Parlement, plusieurs eurodéputés ont fait écho aux remarques du commissaire.
« La Chine nous dépasse dans tous les domaines. Les voitures électriques chinoises sont nettement moins chères. Et, pour dire les choses franchement, ils ont tout simplement pris la tête de cette technologie », a constaté Mohammed Chahim, vice-président du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D).
Le commissaire européen a également signalé l’ambition du prochain exécutif d’adopter un « plan d’action industriel pour le secteur de l’industrie automobile », une initiative également mentionnée par Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité de l’Union.
Mardi également, la Chine a répondu à la décision de l’UE concernant les droits de douane sur les véhicules électriques en annonçant des droits provisoires sur le brandy, ce qui a conduit l’UE à déposer une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
De son côté, le géant asiatique avait déposé une plainte auprès de l’OMC en août à propos de l’enquête antisubventions de la Commission sur les véhicules électriques chinois, qui avait débuté en octobre de l’année dernière.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]