La Belgique ferme la porte à l'utilisation des actifs russes au profit de l'Ukraine

« C'est non négociable », a déclaré Théo Francken, le ministre de la Défense, rejetant une nouvelle initiative menée par la Suède

EURACTIV.com
Théo Francken, ministre belge de la Défense [Photo : Metin Aktas/Anadolu via Getty Images]

La Belgique reste fermement opposée à l’utilisation des avoirs russes gelés pour soutenir l’Ukraine, alors que quatre pays de l’UE font pression pour relancer ce projet.

« C’est non négociable, la porte est totalement close », a déclaré vendredi soir Theo Francken, le ministre de la Défense, à l’émission Terzaken diffusée sur la chaîne de télévision flamande VRT.

Cette semaine, la Suède, la Pologne, les Pays-Bas et l’Espagne ont appelé la Commission européenne à explorer de nouvelles voies pour mobiliser environ 200 milliards d’euros d’avoirs russes gelés afin de soutenir l’Ukraine.

Lors d’un sommet européen mouvementé en décembre dernier, Bart De Wever, le dirigeant belge, a fait échouer une initiative menée par l’Allemagne et la Commission européenne visant à mettre en place un « prêt de réparation » de 210 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, arguant que cela exposerait le pays du Benelux à des représailles juridiques de la part de la Russie.

La plupart de ces avoirs sont détenus chez Euroclear, en Belgique. « Notre Premier ministre restera ferme », a ajouté Francken.

Constatant que la résistance de la Belgique a suscité du ressentiment, il a pointé du doigt les États baltes – qui sont les plus fervents partisans du prêt de réparation – pour leur refus de renoncer à ce projet.

« Ils devraient également faire preuve de prudence en remettant sans cesse cette question sur le tapis et en nous acculant. Je ne pense pas que ce soit judicieux », a déclaré Francken, en désignant les pays baltes. La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie bénéficient d’un soutien important de la part de la Belgique, a-t-il souligné.

Le ton ferme de Francken diffère quelque peu de la manière dont Maxime Prévot, le ministre belge des Affaires étrangères, a évoqué ce projet ce mois-ci. Ce dernier a semblé laisser la porte ouverte à l’utilisation des avoirs gelés ce mois-ci, à condition que la responsabilité juridique soit répartie équitablement entre les pays de l’UE.

La lettre suédoise a reconnu les risques juridiques inhérents à l’utilisation des avoirs russes et a déclaré qu’aucun pays ne devrait supporter une charge disproportionnée.

Les ministres européens des Affaires étrangères débattront de cette question lors d’une réunion en Irlande la semaine prochaine.

L’Ukraine, qui a cruellement besoin de moyens de défense aérienne, se prépare à un hiver rigoureux et Volodymyr Zelenskyy a déclaré cette semaine que son gouvernement est confronté à un déficit de financement de 23,5 milliards d’euros.

(ew)