Belgique : la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib candidate au Collège des commissaires
La Belgique a proposé lundi 2 septembre sa ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, pour un poste au sein du collège des commissaires, dépassant de quelques jours la date butoir du 30 août fixée pour la présentation des candidats.
La Belgique a proposé lundi 2 septembre sa ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, pour un poste au sein du Collège des commissaires, dépassant de quelques jours la date butoir du 30 août fixée pour la présentation des candidats.
La nomination de Hadja Lahbib, annoncée après celle de Roxana Mînzatu par la Roumanie, porte à dix le nombre de femmes qui pourraient devenir commissaires durant la législature 2024-2029, si l’on compte la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et l’Estonienne Kaja Kallas, future cheffe de la diplomatie de l’Union.
Ursula von der Leyen souhaitait initialement que chaque capitale présente deux candidatures : celle d’un homme et celle d’une femme, afin d’accroître la parité des genres au sein du Collège des 27 commissaires. Seul un pays, la Bulgarie, a respecté cette directive, et nombre des États membres n’ont présentés que des candidats masculins.
Georges-Louis Bouchez, président du parti auquel appartient Hadja Lahbib, le Mouvement réformateur (MR), a déclaré sur le réseau social X que « cette nomination traduit une volonté de féminisation et de renouveau tant au niveau du parti que des structures publiques ».
Il a également souligné que Hadja Lahbib avait « plus que fait ses preuves » lors de la présidence belge du Conseil de l’UE, au premier semestre 2024. Elle est donc, selon son parti, qualifiée pour des fonctions européennes, rapporte l’AFP.
La complexité du contexte belge
La Belgique n’a pas respecté la date butoir du 30 août pour désigner sa commissaire, ce qui en réalité est assez courant. La nomination des commissaires belges a en effet toujours été difficile, car étroitement liée à la formation du gouvernement fédéral.
Les élections européennes coïncidant en Belgique avec les scrutins fédéraux et régionaux, les négociations pour former un gouvernement rendent souvent délicates les discussions pour le choix d’un ou d’une candidate pour l’exécutif européen.
Après les élections de juin, le Premier ministre sortant, Alexander De Croo, n’était plus légitime pour choisir un commissaire, et l’arbitrage revient donc aujourd’hui aux présidents des partis qui négocient la composition de la future coalition.
Les négociations de formation du gouvernement fédéral sont en cours entre la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA, Conservateurs et Réformistes européennes), le Mouvement Réformateur (MR, Renew), les Christen-Democratisch en Vlaams (cd&v, Parti populaire européen), Vooruit (Socialistes et Démocrates européens) et Les Engagés (Renew).
Lors de ces négociations, les libéraux du MR ont été le seul parti à manifester de l’intérêt pour la désignation du candidat commissaire.
Jusqu’alors, l’ancienne Première ministre belge et actuelle vice-présidente du Parlement européen, Sophie Wilmès, et le commissaire européen à la Justice sortant Didier Reynders, tous deux membres du MR, étaient pressentis pour être désignés par Bruxelles.
La semaine dernière, Didier Reynders a publiquement exprimé son intérêt pour un second mandat à la Commission, alors que Sophie Wilmès a déclaré qu’elle préférait rester membre du Parlement européen.
Le nom de Hadja Lahbib a été évoqué pour la première fois la semaine dernière. Ce lundi, le journal belge Le Soir a rapporté que la ministre des Affaires étrangères, entrée au gouvernement en 2022, avait été proposée comme candidate. Cette information a ensuite été confirmée par le chef du MR.
Selon le quotidien De Standaard, la nomination d’un commissaire européen francophone s’inscrit dans une stratégie plus large qui vise à installer Bart De Weve comme formateur du gouvernement, avoir que ce dernier ait remis sa démission fin août.
Elle est également en ligne avec le compromis belge bien établi selon lequel le Premier ministre — potentiellement le Néerlandophone Bart De Wever dans ce cas — et le commissaire européen désigné par la Belgique appartiennent à des groupes linguistiques différents, Hadja Lahbib étant francophone.
Lundi, le roi Philippe de Belgique a demandé à Bart De Wever de reprendre les négociations avec les cinq partis de la coalition potentielle et de lui faire rapport pour le 23 septembre.
Prochaines étapes
En attendant sa nomination officielle, Hadja Lahbib restera ministre des Affaires étrangères et sera tête de liste communale à Schaerbeek.
Comme chaque aspirant commissaire, elle devra être auditionnée par les eurodéputés dans les semaines à venir.
Elle pourrait notamment être questionnée sur une affaire survenue l’été dernier. À l’époque, elle avait été accusée d’avoir accordé des visas à des délégations iraniennes et russes pour une convention réunissant des maires du monde entier à Bruxelles. Certains avaient par ailleurs appelé à sa démission.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]