La Belgique prête à distribuer de l’iode à tout le pays en cas d'incident nucléaire

Les pharmacies belges doivent fournir gratuitement des pastilles d’iode aux citoyens, dans le cadre de la nouvelle stratégie nucléaire du pays.  

EURACTIV.com
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Des tablettes d'iode sont à présent disponibles gratuitement dans les pharmacies belges.

Les pharmacies belges doivent fournir gratuitement des pastilles d’iode aux citoyens, dans le cadre de la nouvelle stratégie nucléaire du pays.

Le ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, a confirmé que des comprimés d’iode, une substance qui combat les effets de la radiation et le développement du cancer de la thyroïde seraient à présent disponibles gratuitement dans toutes les pharmacies.

Selon le nouveau Plan d’urgence nucléaire, qui est entré en vigueur le 6 mars, de l’iode doit en effet être distribué dans un rayon de 100 km autour des centrales nucléaires, une zone qui couvre effectivement tout le pays. Les personnes habitant au plus près des centrales doivent également avoir ces pastilles chez eux.

Les réacteurs nucléaires belges inquiètent depuis un certain temps. La ville d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, proche de la centrale de Tihange, a ainsi commencé à distribuer des pastilles d’iode en septembre dernier.

Des microfissures ont été détectées dans les centrales de Tihange, au sud-est du pays, et de Doel, au nord, dont la durée de vie a déjà été étendue au-delà de ce qui avait été initialement prévu.

Dans un rapport publié en février, l’agence de sécurité néerlandaise soulignait par ailleurs que la coopération transfrontalière laissait à désirer et qu’en cas d’incident nucléaire, la situation serait très compliquée.

Le rapport critique aussi les différences entre les mesures de traitement des radiations et les plans d’évacuation entre les deux pays. La décision de Bruxelles de distribuer des pastilles d’iode pourrait donc être une tentative d’harmonisation avec son voisin.

Le Luxembourg contre le nucléaire

Lors d’une réunion des ministres européens de l’Environnement, le 5 mars, la Luxembourgeoise Carole Dieschbourg a annoncé que le Grand-Duché se joindrait à la plainte de l’Autriche, qui poursuit la Commission pour avoir autorisé la Hongrie à agrandir la centrale nucléaire de Paks.

« Nous soutiendrons activement la plainte autrichienne », a-t-elle déclaré aux journalistes, ajoutant qu’il était « important qu’aucun fonds public ne soit investi dans l’électricité nucléaire. C’est décidément une mauvaise idée ».

Carole Dieschbourg et son homologue autrichienne, Elisabeth Köstinger, tenteront de créer une sorte d’alliance européenne antinucléaire. La prochaine étape sera une rencontre entre les ministres germanophones, au printemps.

Atomes français

Lors de la rencontre du 5 mars, Brune Poirson, la secrétaire d’État française en charge de la transition écologique, a indiqué qu’elle ne serait en mesure de soutenir la sortie progressive du nucléaire dans son pays et en Belgique que si des efforts similaires étaient entrepris en Allemagne et en Pologne pour le charbon.

En 2015, le gouvernement français a indiqué que la part du nucléaire dans le bouquet énergétique devrait passer des 75 % actuels à 50 % d’ici 2025, mais aucune mesure concrète n’a suivi. Selon les eurodéputés verts Bas Eickhout et Claude Turmes, la France doit absolument accélérer sa sortie du nucléaire pour faire taire les accusations de protectionnisme.

Le ministre français de l’Environnement, Nicolas Hulot, considéré comme fermement antinucléaire avant son entrée au gouvernement, a estimé en septembre qu’une réduction de 25 % n’était pas réaliste avant 2030, voire 2035.