Bouclier tarifaire pour toutes les PME : les boulangers applaudissent le vote de l’Assemblée nationale
Les députés ont voté en deuxième lecture un projet de loi étendant le bouclier tarifaire à toutes les TPE et PME, une bonne nouvelle pour les boulangers durement touchés par l'augmentation du prix de l'électricité.
Les députés ont voté en deuxième lecture un projet de loi étendant le bouclier tarifaire à toutes les TPE et PME, une bonne nouvelle pour les boulangers durement touchés par l’augmentation du prix de l’électricité.
« Nous sauvons nos boulangeries artisanales« , s’est exclamé le député socialiste Philippe Brun, après le vote à l’Assemblée nationale jeudi (4 mai) d’une proposition de loi visant à « protéger le groupe EDF d’un démembrement », et contenant l’élargissement du bouclier tarifaire à toute les PME de moins de 250 salariés.
« C’est une très bonne nouvelle, réagit Frédéric Roy, cofondateur du Collectif pour la survie des boulangeries et de l’artisanat. J’ai même été surpris, je pensais que ça allait être plus compliqué que cela, l’opposition s’est fait entendre ».
20 % des boulangeries bénéficient du bouclier tarifaire
Cet hiver, l’augmentation des factures d’électricité et la flambée des matières premières a mis de nombreuses boulangeries dans le pétrin. Avec le renouvellement des contrats énergétiques depuis début 2023, certaines factures se sont multipliées par trois ou quatre, voire plus.
Une récente enquête menée par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Hauts-de-France montre que 18 % des boulangers pourraient mettre la clé sous la porte au cours de l’année du fait de l’envolée du prix du kWh.
Si de nombreuses aides ont été mises en place comme le « bouclier tarifaire » pour les petites structures, le plafonnement de 15 % ne concerne que les artisans qui ne dépassent pas 36kVA de puissance, et qui ont plus de 10 salariés.
Sauf que la plupart des professionnels sortent des clous. Selon l’Union des boulangers indépendants (UDABI), seuls 20 % des boulangers ont pu en bénéficier.
« Le bouclier énergétique est une passoire », s’est exclamé à la tribune le député communiste Fabien Roussel.
Alors que le Sénat l’avait restreint aux TPE de moins de 10 salariés, cette nouvelle possibilité va élargir le nombre de bénéficiaires, et supprimer le seuil de 36kVA. Cette proposition de loi permet surtout de maintenir le bouclier tarifaire alors que le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, avait annoncé fin avril qu’il ne le prolongerait pas pour les entreprises.
« Cette loi reste un pansement momentané, nous demandons à revenir à un tarif réglementé permanent. On ne veut pas vivre éternellement sous perfusion de l’État » ajoute Frédéric Roy. Un amendement, rejeté à l’Assemblée, avait été déposé dans ce sens par la députée NUPES Alma Dufour.
Une mesure à 10 milliards d’euros
Pour le ministre, cette mesure, « extrêmement couteuse« , demanderait à l’État plus de 10 milliards d’euros, alors « que le gouvernement a déjà déployé un dispositif d’aides massives de 120 Miliards de 2021 a 2023″ a-t-il rappelé à l’Assemblée nationale.
« Nous avons ouvert autant de boulangeries qu’il s’en est fermé en 2022, nous avons même ouvert un peu plus de boulangerie qu’on en a fermé », a-t-il martelé, en particulier aux députés du Rassemblement national qu’il accuse d’avoir annoncé à tort « des faillites en cascades » et « la fin des haricots« .
En effet, selon le cabinet Altares spécialisé dans les défaillances d’entreprises, 2 538 boulangeries ont ouvert en 2022, et 2 527 ont fermé le rideau. « En moyenne il en ferme 6 par jour, il en ouvre 7 dans le même temps » ajoute M. Lescure.
Pour Frédéric Roy, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Ces ouvertures concernent principalement des grandes chaînes, qui ne fabriquent pas leur pain sur place. « Ce sont surtout les petites boulangeries de village qui ferment, celles qui ouvrent sont plutôt dans les villes » ajoute le boulanger.
La loi n’a cependant pas terminé son chemin législatif. Elle devra encore être soumise au Sénat au mois de juin avant une potentielle adoption. Ce serait par ailleurs la première fois que le parlement adopte définitivement une loi contre l’avis du gouvernement.
« Depuis le mois d’avril, nous sommes en heure d’été, les tarifs sont un peu moins chers. Mais si la loi ne passe pas avant le mois de novembre et le retour des tarifs d’hiver, il va y avoir des dégats« , prévient Frédéric Roy.