Bruxelles demande des explications à Budapest sur sa gestion des migrants
La Commission européenne a envoyé une lettre au gouvernement hongrois de Viktor Orban pour lui demander des « éclaircissements » sur sa gestion des migrants, dont le récent durcissement a été critiqué par certains en Europe et par l'ONU.
La Commission européenne a envoyé une lettre au gouvernement hongrois de Viktor Orban pour lui demander des « éclaircissements » sur sa gestion des migrants, dont le récent durcissement a été critiqué par certains en Europe et par l’ONU.
« La Commission a envoyé une lettre administrative aux autorités hongroises » mardi 6 octobre, « dans laquelle nous demandons des éclaircissements sur un certain nombre de sujets concernant la façon dont la Hongrie gère ses politiques d’asile et d’immigration et le contrôle des frontières », a déclaré mercredi une porte-parole de l’exécutif bruxellois, Mina Andreeva.
« Nous aurons ensuite un dialogue avec les autorités hongroises sur la base de leur réponse. Nous avons demandé à recevoir ces informations sous deux semaines », a-t-elle précisé lors d’un point de presse à Bruxelles.
Clôture à la frontière serbe
Le Parlement hongrois a adopté ces dernières semaines deux séries de lois pour endiguer le flux de migrants, alors que près de 300.000 d’entre eux ont transité par ce pays depuis le début de l’année dans l’espoir de rallier le nord de l’Europe, en particulier l’Allemagne.
La Hongrie a été vivement critiquée pour avoir érigé une clôture le long de ses 175 km de frontières avec la Serbie, désormais fermées aux migrants. Elle est en train de finaliser l’installation d’une clôture barbelée à sa frontière croate, qu’elle entend rendre imperméable « dès que possible ».
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Budapest a également été publiquement condamnée, notamment par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, lorsque la police hongroise a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre des réfugiés lors d’échauffourées à la frontière serbo-hongroise à la mi-septembre.
3 ans de prison
Une nouvelle loi, entrée en vigueur le 15 septembre, prévoit jusqu’à trois ans de prison pour tout franchissement de la clôture érigée par Budapest sur les 175 km de la frontière serbe, une peine pouvant être portée à cinq ans en cas de dégâts matériels sur l’installation.
Le Parlement hongrois a ensuite adopté le 21 septembre une nouvelle législation qui entérine la possibilité de déployer massivement des militaires aux frontières et autorise dans certaines conditions l’armée et la police à employer contre les migrants toute une batterie d’armes non létales.
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« A ce stade, les lois hongroises ne nous ont pas encore été notifiées donc il est un peu difficile pour nous d’étudier toutes leurs dispositions », a souligné Mme Andreeva. « Toutes les informations sur lesquelles nous nous basons à ce stade viennent de ce que nous entendons des acteurs et ONG, c’est précisément la raison pour laquelle (…) nous demandons des éclaircissements », a expliqué la porte-parole.